musique inspiration ambiance

Portait sur portée, opus 1

Je n’ai jamais été capable d’écrire en écoutant de la musique. Ça ne m’empêche aucunement d’avoir un répertoire riche pour représenter l’univers, les personnages ou les situations que j’écris. Je fais jouer cette musique en d’autres circonstances, lorsque je songe à mes scènes, à ce qu’elles seront. Si la découverte musicale vous intéresse, je vous offre un voyage sonore au monde de Narbrocque, premier billet de ce nom.

Les longs enregistrements atmosphériques

Je vous ai menti. Oui et non. Je n’écoute pas de musique en écrivant, mais j’arrive à me concentrer sur des environnements sonores. Ça m’est très utile lorsque la scène à écrire n’est pas dans le même ton que mon immédiat lieu d’écriture. Décrire une scène hivernale en pleine pluie automnale ou parler de la mer lorsque la circulation urbaine chante fort… Les fonds atmosphériques me sauvent.

L’hiver en Narbrocque est cru. Saisissant. Les enregistrements provenant de la Norvège, du Canada ou de la Sibérie sont exactement ce que j’ai besoin. Voici un exemple du climat des Dissidents pour la moitié de l’année.

Ça plonge tout de suite dans le bain (glacial). Et je n’ai pas à me soucier de faire une longue liste, la trame en elle-même dépasse largement le temps que je peux consacrer à l’écriture. Parfois j’entends la boucle, mais bon, pour si peu de dérangement… On peut continuer avec d’autres environnements comme la mer ou le crépitement du feu. Un effet intérieur ou extérieur, avec ou sans vent, avec ou sans pluie, sur un toit, sur la forêt. Tous les mélanges possibles. Voici quelques noms sur YouTube que j’ai appréciés : The Guilt of Ambience, Relaxing Soundzzz, Ephemeral Rift, Miracle Forest (liste complète en fin d’arcticle).

Au début de la rivière

De retour à une musique plus… musicale, je vous propose un voyage dans le folklore nordique. Des sons rustiques, des rythmes hypnotiques quasi tribaux. Quoi qu’il en soit, des sons anciens. Le premier groupe à m’avoir charmé et donné le ton pour mon projet actuel est sans conteste Wardruna (bien avant leur popularité avec la série Viking, dois-je dire prétentieusement). J’avais même imaginé un teaser avec leur pièce Ár var alda, qui, si je me souviens bien de mes recherches, veut dire «au début de la rivière», ce qui serait utilisé dans les contes pour dire «il était une fois». Parlant, non?

Il y a une pièce précisément d’eux qui m’a inspiré tout un chapitre. Le moment charnière du tome II, mais aussi celui d’un des personnages. J’aime lire ce que les chansons racontent, même en traduction. Cette fois-ci, ma citation usuelle du début de chapitre est carrément mon interprétation de leur vision de la rune Ing.

Éclosion
« Il existe un instant
Un point dans le temps,
Où le centre du bourgeon,
Imbriqué sur lui-même,
Entrelacé et entremêlé
Est à un souffle de s’ouvrir
Et d’exploser enfin en son plein potentiel. »

Dans la même veine, il y a des groupes plus glauques, comme Heilung, ou encore plus ambiants, comme Danheim. J’aime aussi explorer certains genres plus légers, festifs je dirais, selon ce que je recherche comme ambiance. Je pense à Dæmonia Nymphe ou carrément folklorique comme Percival, pourquoi pas.

Au cœur du nord

Parfois l’artiste ne m’intéresse pas plus que ça, mais certaines pièces demeurent complètement ancrées en moi. La pièce Trøllabundin d’Eivør restera la chanson phare de mon accouchement et de ma maternité. Dans mes écrits sur le sujet, elle me revient naturellement. C’est une pièce très intime, personnelle. Elle est sauvage et racine. Elle est tremblement du corps. Magie.

La nordicité est un thème récurent dans mon projet. Je ne peux ignorer l’inspiration amérindienne dans mes écrits, même si je n’en suis pas, mais des autochtones du nord, ceux de mon pays. À partir de la moitié du tome III, il est beaucoup question de guérison, de deuil à finir, de nouvelles voies à prendre. Anilah m’est apparu comme un baume.

Faire ressentir le nord veut aussi dire celui de tous les continents. Je ne suis pas trop attiré par ce que l’Asie offre, mais je dois dire que Huun Huur Tu m’a étonné. Encore une fois, ce que j’y retrouve est la nordicité. Le titre Orphan’s Lament (aucunement chanté en anglais, ne vous y méprenez pas) est empreint de chagrin.

Un début et une fin

Mon projet des Dissidents est en quatre volumes et vingt ans d’histoire. J’ai aussi le gout d’avoir un antépisode à la saga, raconter les origines, environ mille ans en amont du récit principal. J’y imagine un monde très rudimentaire. La découverte de Paleowolf m’apporte beaucoup d’inspirations tant pour des thèmes ambiants que pour des pièces plus percutantes.

J’envisage aussi une fin, mille ans après les Dissidents, comme pour faire le ballant de cette période charnière. Je vois un univers plus steampunk, inspiré des années 20 ou 30, brillantine, zeppelin et autoneige. La musique de Ô Paon m’a longtemps paru adéquate. Je crois même que l’idée de cette fin vient de ce que m’inspirait cette musique.

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Avez-vous des inspirations musicales particulières qui vous évoquent davantage des ambiances, des sensations? Rien de précis, mais un ensemble comme un souvenir ou une époque. Êtes-vous capable d’écrire ou lire avec une musique en arrière-plan?

Photo de Phil Henry sur Unsplash

La relève de la garde

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Publié par

Marie d'Anjou, auteure

Quelques études multidisciplinaires plus tard et quelques déplacements de lieu de résidence, je revisite le panorama et les parfums de mes enfances pour imaginer l'univers des Dissidents. Inspirée de la Côte-Nord (Qc) où j'ai grandi, la région de la Narse tente de véhiculer la même rudesse sauvage et la beauté nordique. Les Appalaches dessinent Cordalme et les Rocheuses canadiennes (sans pourtant les avoir vues), Sanglefroy. Après plusieurs projets avortés au fil des ans, c'est avec les Dissidents que mon écriture plus mûre trouve enfin l'histoire qui persiste sous ma plume et qui s'entête à vivre. Un travail de longue haleine qui demande autant d'inspiration que de bottages de fesses. C'est avec cette histoire que le métier rentre enfin, loin du romantique « poète la tête dans les nues », mais bien celui de l'écrivain devant l'écran à pondre des phrases nulles qui, un jour retravaillées, sauront plaire. Espère-t-on. ;)

3 réflexions au sujet de “Portait sur portée, opus 1”

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