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Portait sur portée, opus 2

Après avoir présenté l’ambiance que pourrait avoir mon univers ici, je vais partager dans ce deuxième billet ce qui se rapporte à mes personnages. Je vais sortir un peu des rythmes plus rustiques. Certaines pièces sont d’abord intéressantes pour leur parole, d’autres pour leur sonorité.

Miliac à’Jayen de la Narse

C’est en premier son côté voyageur que j’ai cherché dans la musique. Le film Into The Wild m’a grandement aidé pour cerner les quelques pièces de base qui pouvaient représenter Miliac. Il y a une certaine sérénité dans ces chansons, d’acceptation profonde. Miliac ne cherche pas l’isolation ou le détachement comme le héros du film; il est impossible d’avoir des pièces qui collent parfaitement de toute façon.

Du côté de Mumford & Sons, il y a Hopeless Wanderer, mais White Blank Page qui adhère presque parfaitement. Je pense surtout à sa relation sentimentale qui se développe en déséquilibre grandissant. Il est pris entre un sentiment de rejet — imaginé ou réel — et pourtant une sincère attente de sa personne.

You desired my attention but denied my affections

Si on englobe son caractère en une seule pièce, ce serait Con Toda Palabra (« avec toutes paroles ») de Lhasa. J’y trouve une chaleur, une présence habitée, sa volonté d’être total avec les autres, complètement investi. Miliac se nourrit de voyage, de rencontres. Là où il se sent utile. Il croit que son seul rôle est d’aller à la rencontre des gens et de les rassembler. Il a raison à moitié.

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Merime à’Saël de Sanglefroy

En musique, elle est plus dure à cerner. La première pièce qui la caractérise est uninvited d’Alanis Morissette, en ce sens où son attachement sentimental avec son mari est délicat. Elle veut son rapprochement, mais s’en éloigne. Il ne s’agit pas tant de déni, mais plutôt d’un refus d’accepter ses sentiments. Cette chanson souligne sa capacité à être chaleureuse et radicalement froide en contexte moins intime.

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Merime a des enfants et sa relation à eux, bien que secondaire dans le roman, est teintée de sa guidance vers leur autonomie. Elle a cette idée que si l’on apprend tôt à prendre le contrôle de nos rêves et vaincre nos angoisses, il est alors plus facile de le faire en état éveillé. Silent Lucidity de Queensrÿche parle justement de rêve lucide, avec bienveillance. C’est un aspect de Merime dont j’aime me souvenir.

Ce qui est le plus persistant chez elle est le deuil de son premier mari. La perte comme une excuse, comme une raison suffisamment forte pour s’empêcher au nouveau. Bien que Lhasa soit trop intimement dense pour Merime, la chanson De cara a la Pared va chercher je crois ce qui se vit tout à l’intérieur d’elle, son deuil jamais résolu et qu’elle entretient.

Vièle Bjern Darctier

Dans un tout autre registre, Vièle percute. Autant par le rythme que la voix rauque, la chanson Ievan de Percival exprime aussitôt l’énergie du personnage, sa volonté forte, sa persévérance. Les paroles n’ont pas vraiment d’importance (et pis j’y comprends rien, soyons honnête), tout est dans la cadence et la vigueur. Guerrière oui, mais surtout athlète, chasseresse, danseuse. Mais tout ça sans dentelle.

Femme de guerre, donc, qui évoluera aussi vers une grande sérénité, un contrôle sur son corps après des années de discipline. Il y a tout un volet méditatif à la Darctier qui se développe dans les tomes et à ce titre, les pièces d’Anilah viennent encore me parler.

On m’a fait remarquer que Vièle était plus chasseresse que guerrière. C’est probablement pourquoi ses plus graves blessures de guerre sont intérieures et mentales. Avant d’arriver à la sérénité évoquée plus tôt, elle se confronte à ses traumatismes. PJ Harvey donne ce ton un peu désaccordé, off, qui prévaut dans sa chanson the soldier.

send me home restless
send me home damaged
send me home disposed
send me home damaged
and wanting

Loec Colbarde Fesbré

Si l’on parle peu du désir de paternité des hommes dans les histoires, c’est que Loec n’est pas encore disponible au grand public. C’est un leitmotiv chez lui, un besoin récurrent. Et c’est aussi son rêve le plus dur à atteindre. Une pièce moins connue de Shawn Phillips, mais très poignante, parle de la mort infantile. Lament pour l’enfant mort est une émotion que Loec vivra. Plusieurs fois.

Et si sa vie semble se meubler de vide, il n’en demeure pas moins persuadé de ses idéaux. Loec recherche la simplicité: chauffer sa forge, travailler, aimer, voir son entourage apprécier comme lui les détails fulgurants de l’existence.

Il a un énorme besoin de transmission. La ribambelle d’apprentis qui passera dans sa forge en témoigne. Bien qu’il soit introverti et peu parleur, il craint de finir seul au monde; un sentiment éclos lors de la mort de sa mère. Sans fratrie, il chercher chez ses amis la famille qu’il n’a jamais pu avoir. L’empreinte d’une enfance solitaire se traduit bien dans Orphan’s Lament, de Huun Huur Tu. Il reconnait chez les orphelins ce même chagrin.

Photo de Phil Henry

La relève de la garde

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Publié par

Marie d'Anjou, auteure

Quelques études multidisciplinaires plus tard et quelques déplacements de lieu de résidence, je revisite le panorama et les parfums de mes enfances pour imaginer l'univers des Dissidents. Inspirée de la Côte-Nord (Qc) où j'ai grandi, la région de la Narse tente de véhiculer la même rudesse sauvage et la beauté nordique. Les Appalaches dessinent Cordalme et les Rocheuses canadiennes (sans pourtant les avoir vues), Sanglefroy. Après plusieurs projets avortés au fil des ans, c'est avec les Dissidents que mon écriture plus mûre trouve enfin l'histoire qui persiste sous ma plume et qui s'entête à vivre. Un travail de longue haleine qui demande autant d'inspiration que de bottages de fesses. C'est avec cette histoire que le métier rentre enfin, loin du romantique « poète la tête dans les nues », mais bien celui de l'écrivain devant l'écran à pondre des phrases nulles qui, un jour retravaillées, sauront plaire. Espère-t-on. ;)

2 réflexions au sujet de “Portait sur portée, opus 2”

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