pastiche

Versions aversions, quelques pastiches

Faut pas toujours être sérieux. C’est pourquoi je me suis amusée à réécrire en termes plus actuels certains textes vieillots. Voici quelques pastiches qui servent purement à divertir et passer le temps.

Commençons par ce qui est gros: Comment Pantagruel rencontra un Limousin qui contrefaisait le langage français. J’ai changé Pantagruel pour le géant Ferré, le Limousin pour un Parisien (toute ressemblance à blablabla est purement fortuite) et le latin pour l’anglais. L’original de Rabelais n’était pas fait pour être compréhensible, alors mon pastiche non plus. Veuillez excuser l’ambivalence de l’écriture entre la forme anglaise et celle qui représente plus graphiquement la manière de prononcer.

Comment le géant Ferré rencontra un Parisien qui contrefaisait le langage français

Un jour, je ne sais quand, le géant Ferré se promenait après souper avec ses compagnons pour aller à Paris. Là, il rencontra un étudiant qui venait par ce chemin et, après un échange de salutations, il lui demanda:
— Mon ami, tu viens d’où à c’t’heure-ci?
L’étudiant lui répondit:
— De la ouane et famousse académie que l’on name Périss.
— Qu’est-ce c’est? dit le géant Ferré à un de ses amis.
— De Paris, répondit-il.
— Fait que tu viens de Paris, dit-il, et qu’est-ce vous faites de bon, vous autres, les étudiants à Paris?
Répondit l’étudiant:
— On follow la squédule du dâne au dusque; on walk du mornigue et èvenigue sous le seun; on yell l’articulate frentchise et, comme trufactes lovabiles, catch la kinedness du manyjuge, manyforme et manygène sexe female […] Puis on eat in les pubs legit de Hubsy, du Coffee Spoune, du Coworkshop et de l’UFO, belles spoon vervigues, et si heavy fortune, il y a rarity ou laque de monnée dans nos hands et qu’on soit emptèd de métal ironé, pour le fi on reject nos côdes et apparales, beguant les accomptants à guiver des boques et guiftes patriotiques.
À quoi le géant Ferré répondit:
— Mais tu parles quelle langue, pour l’amour? On dirait un maniaque!
— Magode, non, dit l’étudiant, car happilyment, assoune qu’il illuminate quelque smale lique de jour, je bécome un de ces tant bien articulates monques et là, mirrorigue de biaute vateur lustrale, je grignotte un peck de quelque missionne précauchonne de nos sacrefaïces et eiyant mes curentes timetables, je choice et dry mon soul de ses mésbehavioures nocturnes. Je révère les Olympias. Je vénère completalement le soupeur paveurfoule ouane. Je diligente et sortaoute mes priorities. Je serve les prescriptes décalogiques et selon la faculty de mes manes, je n’en départe le hidenne nail. Bien est trusefoule sans que Mammone ne trow up une drop dans mes eiyes. Je suis parfois un peu slow à overroger les élémentes à ces needers caridants leur requirement d’hostes.
— Bein maudite merde, dit le géant Ferré, qu’est-ce qu’y veut dire c’te fou-là? J’ai l’impression que t’essaies de parler anglais, mais sans connaitre l’anglais. Tu penses que je comprendrais pas?
À quoi un de ses amis dit:
— Je pense qu’il parle vraiment comme un parisien du 6e arrondissement, mais il fait que copier qu’est-ce que l’élite fait. Y semble bein qu’y peut nous comprendre, mais il aime pas notre manière de parler.
À quoi le géant Ferré dit:
— C’est-ti vrai?
L’étudiant répondit:
— Lorde seur, mon génus n’est pas weak à décypher ce que dit ce rongue nébulon pour grasper l’irdrome de notre guélique spitche; mais sur l’autre hand, j’opérate fièrecement et par zil, je m’endévore de le talk de la redondance angliche.
— Calvaire, dit le géant Ferré, j’vais t’apprendre à parler, mais avant, réponds-moi, t’es de où?
À quoi l’écolier dit:
— La first inception de mes bacs et fortes fut local des citéhoods, où reste le body du saint Mano Solo.
— J’t’écoute là, dit le géant Ferré, t’es de Paris pis tu veux te faire passer pour un français. Viens ici que j’te donne une paire de claques derrière la caboche.
Il le prit alors à la gorge en disant:
— T’écorches le français! J’vais t’écorcher tout vif, moi!
Alors, le pauvre étudiant commença à dire:
— Hé, du calme tonton! Ah sale pute de merde! ‘tain! Aidez-moi, aidez-moi! C’te ouf de zouf veut m’faire la peau!
À quoi le géant Ferré dit:
— À c’t’heure, tu parles comme du monde.
Et il le laissa ainsi.

Pour terminer ce temps doux à lire des légeretés, je vous invite à un pastiche de la cigale et la fourmi (de la Fontaine) version #payetonauteur.

La fourmi, ayant ouvré
Tout l’été,
Se trouva fort éreintée
Quand la bise fut tombée.
Plus un seul petit effort
Pour musique et métaphores.
Elle alla crier ennui
Chez la cigale la gypsy,
La priant de divertir
Quelque peu sa vie martyre
Jusqu’à la saison nouvelle.
«Je vous chérirai, lui dit-elle,
À jamais gravé en mémoire
Votre plus joli répertoire.»
La cigale n’est pas gratuite;
C’est là son moindre égo.
«Que faisiez-vous au temps chaud?
Dit-elle à cette hypocrite.
— Nuit et jour à tout venant
moi, j’ouvrais, ne vous déplaise.
— Vous ouvriez? j’en suis fort aise
Eh bien, payez maintenant.»

À cioa!

photo de Greg Jeanneau sur Unsplash

La relève de la garde

Recevez une nouvelle gratuite dans votre boite de réception!

Publié par

Marie d'Anjou, auteure

Quelques études multidisciplinaires plus tard et quelques déplacements de lieu de résidence, je revisite le panorama et les parfums de mes enfances pour imaginer l'univers des Dissidents. Inspirée de la Côte-Nord (Qc) où j'ai grandi, la région de la Narse tente de véhiculer la même rudesse sauvage et la beauté nordique. Les Appalaches dessinent Cordalme et les Rocheuses canadiennes (sans pourtant les avoir vues), Sanglefroy. Après plusieurs projets avortés au fil des ans, c'est avec les Dissidents que mon écriture plus mûre trouve enfin l'histoire qui persiste sous ma plume et qui s'entête à vivre. Un travail de longue haleine qui demande autant d'inspiration que de bottages de fesses. C'est avec cette histoire que le métier rentre enfin, loin du romantique « poète la tête dans les nues », mais bien celui de l'écrivain devant l'écran à pondre des phrases nulles qui, un jour retravaillées, sauront plaire. Espère-t-on. ;)

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s