Portait sur portée, opus 3

On finit par faire plein de créations en accompagnement lorsqu’un long projet nous prend du temps. Il y a le besoin d’explorer l’univers, mais aussi de se sortir de l’écriture qui parfois est juste de trop. Pour rester connecté, il faut parfois créer dans d’autres médias. L’illustration est courante, les fiches personnages, univers, plans hiérarchiques ou notes sur les coutumes. On voit souvent des moodboards ou des drabbles venir jouer dans ça. Et parfois, y’a la musique, mais celle que l’on compose. J’ai eu cette malédiction.

Tout dépend du thème

Je ne peux pas me dire musicienne, sauf d’oreille, et avant d’écrire les Dissidents, je n’avais jamais rien composé. Même pas fredonner quelque chose de potable. J’ai quelques notions de base apprises à l’école, dans des cours de musique optionnels (qui ont enrichi ma vie d’adolescente, c’est pas croyable!) et je n’avais jamais senti la flamme compositrice plus que nécessaire.

Article précédent: Portrait sur portée, Opus 2

J’ai eu besoin de tâter des médias différents pendant l’écriture des Dissidents. Je me suis lancée par hasard en musique. Quelques tests et explorations plus tard, j’ai abouti sur un thème que je considère le principal. Le thème de Narbrocque.

C’est un peu maladroit, et certes débutant, mais ce thème me reste au coeur. J’aurais préféré une simple flute à bec, mais avec les moyens du bord (que je détaillerai plus bas), je n’ai pas trouvé mieux sans sacrifier la crédibilité du son. Oh, je rêve du jour où l’orchestration sera réelle!

Reprises

Narbrocque est constitué de trois régions géopolitiques. J’ai entrepris de faire une mélodie pour chacune d’entre elles et mon idée de base était d’y intégrer un phrasé du thème principal. Chose parfois fort subtile. J’ai commencé avec la Narse et déjà je m’étais quelque peu améliorée. Je suis satisfaite de l’effet marée douce et marée forte de cette pièce. Elle est en deux temps — leitmotiv dans mes premières compositions. La Narse est un territoire montagnard, sans être comme la cordillère, et aussi plus maritime que les autres régions. La mer est son symbole le plus fréquent.

J’ai créé bien d’autres pièces, j’ai révisé et approfondi mes connaissances musicales, mon apprentissage des logiciels de musique. Bref, je continuais de peaufiner ce nouveau moyen de création. Lorsque j’ai composé Sanglefroy, j’étais déjà plus à l’aise dans les variations et les effets d’instruments. L’introduction mène à une montée qui me rappelle la révolte de Sanglefroy et le doux hautbois, la fragilité invisible de la région et d’un personnage en particulier issu de ce coin du monde.

Avez-vous repéré les rappels au thème de Narbrocque? Subtils, je disais.

Oups

Quand je me suis lancée dans la composition de Cordalme, je crois que je me suis prise à trois fois. Ça ne convenait pas. Jamais. Rien ne me satisfaisait. J’ai tout repris du début et puis, au final, cette pièce est la plus complexe que j’ai écrite à ce jour. J’en suis presque parfaitement fière et c’est pourquoi je ne l’ai plus retouchée. Il faut entendre dans ces voix artificielles des voix d’hommes et de garçons. Ce détail est important en rapport à l’histoire; Cordalme aura une blessure profonde.

Et cette fois, vous avez entendu le thème principal en reprise? Moi non plus. Je. L’ai. Oublié. Mais oh je suis tant fière de cette pièce que je m’en fous. Si un jour j’ai le temps de retoucher à fond ma musique, je dis pas que j’oublierai encore, mais ce n’est hélas pas du tout ma priorité.

Premier billet du nom: Portrait sur portée, opus 1

Mes amis les musiciens

Je ne connais aucun musicien. Je n’ai pas de clavier que je peux brancher dans mon ordinateur et pianoter. Pour faire mes compositions, j’ai utilisé le logiciel Musescore et j’ai posé les notes une à une. (Vive le copié-collé!) Ce programme sert à faire des partitions, c’est sa première fonction. Il ne vise pas la reproduction sonore d’instruments. D’origine, Musescore utilise des midis, mais il est possible de faire jouer des soundfonts à la place. Fiooouuu, je vous dis pas ce que ça m’a aidé.

Les soundfonts sont comme des polices d’écriture, mais pour le son. Il est possible de remplacer les (affreux) midis par des échantillons synthétiques d’instruments de musique. C’est déjà moins pire, mais c’est pas tout à fait la classe. Quand on veut monter d’un cran, on passe au VSTi, les Virtual Studio Technology Instruments. Là, on commence à discuter. Ce sont de vrais instruments enregistrés en boucle (on l’entend parfois), mais sans le musicien pour rendre tout ça plus vivant.

composition musique
Photo par Ira Selendripity sur Unsplash

J’ai donc exporté mes compositions de Musescore en fichier midi et avec le logiciel Synthfont, j’ai pu remplacer cette chose horrible soit par des soundfonts de meilleure qualité, soit des VSTi. Je n’ai utilisé que ce qui était gratuit, il est possible de faire tellement mieux si on investit un peu plus. Il y a aussi des VST pour des effets sonores, tels que la réverbération, les basses, l’equalizer.

Touche finale, le montage audio. Les versions gratuites, c’est bien, mais c’est restreint. J’ai exporté chaque instrument séparément pour les réarranger, avec effets sonores, equilizer, crescendo, tout ça, dans un éditeur audio. Certains utilisent Audacity qui semble très bien, mais comme j’avais déjà AVS Audio Editor , je m’en suis contentée. Si vous ne savez pas trop, je dirais que mieux vaut surement apprendre Audacity pour la peine.

Je vous propose un dernier volet sur la musique des Dissidents sous peu. Ce sera autour des points principaux de l’intrigue majeure. J’ai d’autres pièces que je ne mentionne pas ici, je me suis focalisée sur les plus importantes. J’ai d’autres préférées aussi.

Avez-vous le gout de vous essayer à la composition de musique? Le faites-vous déjà? Connaissez-vous des ressources ou des trucs? Parlez-moi de vos expériences en musique!

Photo à la une de Phil Henry sur Unsplash

La relève de la garde

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Construire un univers I. Création d’un système d’écriture 201

La création d’un système d’écriture pour une langue fictive est une perte de temps monumentale si vous écrivez un livre. Ceci dit, c’est amusant, ça fait procrastiner et ça permet de rester dans son univers tout en prenant une pause de la rédaction, qui parfois est exaspérante. Il y a aussi la possibilité que ce système soit utile pour une série télévisuelle ou un film, ou carrément un jeu de rôle ou jeu vidéo. C’est pourquoi je propose ici quelques approches sur le sujet.

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RDV: Halloween, Samain et Trépas

Pour le rendez-vous mensuel des blogueurs, le thème est à saveur de fêtes… assez glauques, quand on y pense. C’est la période de l’année où le monde des vivants est très près de celui des morts.

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Speak White ou le racisme renversé d’interdire «Bonjour-Hi!»

Ceci est un article sporadique et non planifié. Il y a dans l’actualité québécoise des notions qui circulent et j’ai senti un besoin de m’exprimer là-dessus. Un peu comme une lettre d’opinion publique, j’augure cette «rubrique éphémère» à l’arrache, sans trop savoir s’il y en aura d’autres.

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Des recettes narsques!

Je me suis lancée dans une série de recettes narsques, c’est-à-dire des plausibles repas effectivement dégustés dans mon univers des Dissidents. Toutes ces recettes n’ont pas été testées, elles ne sont pas du tout vegan friendly et reflètent davantage la société narsque  que notre civilisation actuelle, n’en soyez donc pas offusqué. Il s’agit simplement d’éléments du décor, comme dirait le Fictiologue.

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Construire un univers I. Création de langue 106

106. Un peu de sociolinguistique
dans le mélange

Les étapes de la construction d’une langue fictive sont achevées. Ce dernier volet sur le langage et son rapport à une société est à mon sens le plus intéressant. Même si vous n’avez pas inventé de langue, ces quelques réflexions vont vous aider à trouver le détail linguistique pour votre besoin, surtout si vous vous en tenez à ce que suggère intelligemment le Fictiologue.

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RDV: La routine

Pour le rendez-vous des blogueurs ce mois-ci, j’explore la question ambigüe de la routine. Est-elle ennuyeuse, nécessaire, utile ou rigide? Vie de famille, d’écrivain oblige, la routine est là, qu’on l’aime ou pas.

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