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Ce qui ne cadre pas…

J’ai rejoint et déjoint des groupes Facebook sur la littérature, surtout des groupes portés sur les genres littéraires, ceux de la fiction et de l’imaginaire: les mondes imaginés, comme ce que j’écris. Cependant, mon monde ne cadre pas. Jamais. Je n’arrive qu’à le définir à la négative. Ce n’est pas de la Fantasy. Ce n’est ni historique ni fantastique, encore moins de la science fiction. (Quoique j’ai presque fantasmé l’idée que science dans la scifi pourrait couvrir aussi les sciences humaines, chose qui ne semble jamais effleurer les gens et je risquerais de décevoir mon lectorat.) Ni parallèle à notre monde, réaliste si on accepte une ère irréelle et des terres inexistantes. Ni rien mais tous ça un peu en même temps. Sans l’être.

Je suis toujours en recherche d’un lieu où je pourrais échanger sur les œuvres pour ce qu’elles sont, sans systématiquement avoir à les faire entrer dans un moule prédéfini. Les lecteurs d’un genre pourraient être intéressés par ces histoires hors cadre, qui sait? Un lecteur de scifi aussi, mais sans être déçu de la présentation d’un récit qui serait mal affiché dans un genre ou l’autre.

Un trèfle pas vraiment comme les autres

J’ai donc décidé de foncer, avec ce qu’il m’en coûterait de temps, puisque j’espère un retour riche en échanges. Je lance un groupe Facebook, un lieu de discussion sur les genres de l’imaginaire, mais sans ses frontières, sans ses cadres trop purs pour moi. Je cherche des étranges comme moi, qui ne cadrent pas, qui mélangent, qui ôtent ou ajoutent des éléments non traditionnels. J’aimerais un lien entre lecteurs et auteurs, voire même éditeurs, une zone de rencontre sans ligne éditoriale.

Je souhaite aussi réconcilier ladite «grande» littérature et celle de l’imaginaire, comme si elles ne pouvaient pas faire une, comme si l’on devait sacrifier l’une pour l’autre. Je voudrais faire valoir des oeuvres qui portent avec panache autant le style que l’imaginaire, autant la réflexion qui le rêve.

Si le sujet vous intéresse, le groupe se nommera Dissidents de genres littéraires. Vous avez des idées de discussions, des questions, des sujets à aborder? Allez-y de bon coeur! En commentaire ici ou sur la page du groupe!

 

Des Bassates et des hommes

Elles sont maniérées, glaciales, sèches. Elles sont hiérarchisées, castratrices, misandres. Les Bassates offrent aussi des splendeurs architecturales, de grandes œuvres artistiques ou des technologies à faire envier le reste du monde connu. Elles sont les voisins du sud de Narbrocque et sujet du deuxième volet à propos des antagonistes. (Voir Chercher des Noises pour le premier volet).
Une Bassate en plein débat politique.
Sur le thème récurent du sexisme dans l’histoire des Dissidents, les Bassates se retrouvent à l’extrême opposé des Noises. Elles en sont leur miroir, une sorte de doppelgänger. Elles sont la manifestation du sexisme féminin, celui qui dénigre la masculanité, celui dont on parle peu. Je regrette quand même que la seule société franchement matriarcale que j’ai créé soit tout aussi excécrable que son antithèse, mais je voulais explorer ce à quoi une civilisation tout aussi débalancée pouvait ressembler à l’autre bout du balancier.
Et Baslande, ça vient d’où?
À part de porter les affixes lande et bas… bah je vois pas. J’ai dû rêver au mot, puis inventer un gentillé tout bête. Il n’y a pas de code secret ou de subtile recherche de profondeur étymologique là-dedans, ce qui est assez ironique, considérant l’attrait bassate pour ce qui est sophistiqué. La terre du bas. Point. Le féminin dominant est venu plus tard. Ah, d’ailleurs, la langue bassate est par défaut au féminin et doit se décliner au neutre si par malheur il fallait parler des mâles.
Récemment pour un Appel à texte, j’ai entrepris d’écrire le récit d’une ancêtre de la Baslande et l’idée m’est venue de l’appeller Bāssa. Comme si avec elle, elle portait le nom d’une future nation issue de femmes qui avaient vécu des choses horribles. La semence de leur misandrie. J’aime bien.
En parlant des mâles
Oui, oui, il y en a. Éduqués comme bêtes de trait, ou eunuques comme serviteurs pour les plus chanceux. Il y a aussi les hommes du sakral, l’équivalent du harem, lieu sacré où les mâles reproducteurs ont la belle vie. Logé, nourri, mise en forme, camaraderie. Isolés du reste du monde, ces mâles sont éduqués dans l’art de l’amour : érection sur commande, poid de la performance à l’extrême sinon on pend par les couilles. Oui, les hommes l’ont facile au sakral. Tout est relatif.
Concrètement, en chair ça donne quoi?
Deux personnages vont représenter le genre bassate pour le lecteur. Il y a d’abord Frakunzil, supérieure de sa caste, diplomate en Narse pour négocier les intérêts de la Baslande. Elle est tout ce qui a de contrit, coincé, rigide et froid chez son peuple. L’antagoniste qui ne déroge pas de ses principes.
À sa suite, il y a Førida, son assistante chez qui la vie en Narse va la pousser à se remettre en question. Elle osera nuancer ses constructions culturelles, ses a priori. Jusqu’à remettre en cause les intérêts de sa Baslande. Héroïne ou traitresse, tout dépend du vainqueur et de celui qui racontera l’histoire à la fin.
Quel genre d’antagoniste préférez-vous? Nuancé ou bien catégorisé dans un modèle clair? Doit-il être « méchant » ou simplement contraire au protagoniste? Je vous rejoins plus tard sur le 3e volet des antagonistes.

De l’importance des jurons

Lorsque l’on crée un univers, certains termes doivent être inventés. La magie ouvre le bal à tout plein de fervente créativité, mais aussi les classes sociales, les métiers, les titres des gens. Tout ça est prédisposé au néologisme. Si une faune et une flore naissent dans ce monde, il faut aussi les nommer, la technologie n’est pas à ignorer non plus.
Parfois, on choisit de créer des mots venant d’une langue qui existe dans l’œuvre, elle aussi imaginée. Ça donne de la teneur à l’univers. Parfois, on pige dans la langue existante. Il arrive qu’il faille redéfinir certaines expressions qui n’auraient pas  de sens dans ce contexte fictif. Comme par example dire battre le fer lorsqu’il est chaud si la metallurgie n’existe pas, ou encore ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tuer si l’animal n’a jamais existé. Les univers imaginaires, aussi farfelus puissent-ils être, n’excluent en rien la vraisemblance (ce qui semble être vrai). Cette vraisemblance touche aussi les jurons.
Il peut y avoir des simplicités du genre « nom de [insérez le nom d’un dieu de l’univers] », ce qui a le mérite d’être un genre familier et sans grand besoin d’explication anthropologique. Moi, je préfère lorsque l’on fouille un peu mieux dans les mentalités, qu’on creuse un peu les mœurs. Et surtout, qu’on trouve les vrais tabous. Parce que les jurons, ce sont les interdits.
À ce sujet, le vlog de Linguisticæ est riche en explications sur les interjections, je vous le conseille. Il classe les thèmes récurents du juron comme ceci: ce qui est en lien à l’hygiène, ce qui est sacré et ce qui est sexuel. Bref, ce qui est en lien avec les contraintes sociales. Moi, ça, ça me parle beaucoup et de trouver réellement une recherche chez un auteur, au lieu d’une piètre copie fade des jurons actuels — voire même politiquement correct (quel oximore!), ça me réjouit profondément. Parce que le juron est un vecteur culturel.

Ces mots existent en toute culture. Ils ont leur raison d’être, malgré leur connotation excessivement interdite et je dirais même à cause de cela. Les jurons sont des soupapes. Les jurons permettent d’augmenter la tolérance à la pression, le stress, la douleur. Les Mythbusters en avait même fait un sujet d’analyse. S’exprimer, en terme général, permet d’évacuer la tension d’une émotion accaparente. User de mots à connotation sociale très inacceptable amplifie cet effet et donc soulage encore mieux. Plus le mot est dense en interdit, et plus ce qui doit être exprimé est intense, plus le juron apaisera. Il ne règle aucune question, mais il accompagne un retour au calme. Un juron n’est pas un signifiant/signifié comme les autres mots. Il n’est qu’une charge émotionelle.

geste obscène bassate

 

Avec ces bagages, j’ai envisagé la nature des tabous de mon univers. Il y a deux grandes frustrations chez les Narsques: l’hiver et le respect des ancêtres. On peut vite comprendre comment l’hiver peut être source de tourment. À ce sujet, j’ai joué sur le mot névasse, qui est de la neige semi-fondue, celle qui mouille les vêtements lorsqu’il fait froid, celle qui salope tout dans les maisons, sur les routes. Je l’ai abrégé en vasse et j’ai ajouté de la saleté. Sale vasse! ou quelle vasse! s’entend souvent en Narbrocque et c’est l’équivalent de sale merde.

Les ancêtres, on leur doit respect et mémoire, mais parfois, leur vie d’antan indiffère au point de les envoyer promener parce que leur vécu, il a rien à voir avec la frustration du présent. Ce n’est pas un culte aux ancêtres comme on l’entend en Asie, par exemple, mais le respect des défunts existe dans le sens où les anciens, ils ont intégré la terre mère et sont donc omniprésents. Leur experience n’est pas à renier. Cependant, quand la goutte est de trop, boucherie de mes aïeux, ou enfoiré d’ancêtre peuvent surgir. Il y a une contraction, basé sur torieux qui vient de tort à dieu que j’ai copié. Torsaïeux ou forme plus brève torsaïl vient de tort aux aïeux.

Le language va plus loin que les simples mots aussi. Il ne faudrait pas oublier le gestuel. Outre reprendre le gentil doigt d’honneur classique, j’ai décidé d’inventer des gestes obcènes dont un en particulier représente bien un trait culturel d’un groupe. Dans les Dissidents, les Bassates, société misandre, aime bien mettre l’index et le majeur en l’air, bien droit, et prendre de l’autre main la paume ainsi dressée. Le geste signifie clairement à l’élu du message : «je te tiens par les couilles». Rien de moins.

Vous connaissez des auteurs qui étaient savoureux dans leurs efforts de créer des insultes? Vous avez vous-même fait du remue-méninge à ce sujet? Quelles sont vos perles?

Tag?

On m’a encore piégée! C’est odieux! Cette fois, j’ai été fauchée par J.R. qui a été ensorcelée par Nola que j’avais taguée. Parlez d’un retour de balancier? Alors quoi faire? Bein, jouer.
2.0
1 – Le truc qui vous pousse le plus à la procrastination ?
Une certaine chatbox, sur un forum certain.

 

2- Le personnage que vous adorez détester ?
Cunningham, dans Rob Roy (1995). C’est un antagoniste pour qui on développe de l’empathie. On comprend son amertume, sa dérision, on saisit pourquoi il fait les choix qu’il fait. En plus, il est brillant. On ne l’aime pas parce que pour se sortir de la merde, il salope la vie du protagoniste

 

3- le lait, c’est avant ou après avoir mis les céréales dans le bol ?
Le lait, c’est pour mon bébé, et il en prend du frais directe de mon moi-même. Les céréales, ça se prend avec du yogourt.

 

4 – Si vous aviez le choix entre : être suivi toute sa vie par 5 canards, même aux WC, ou bien, avoir des bras de deux mètres, ce serait ?
J’ai déjà un canardelait qui me suit partout même au toilette, alors cinq. Avoir des longs bras, ça serait pratique pour déplacer des objets. Moins pour écrire à l’ordi, faudrait adapter mon bureau parce qu’avec ma myopie, je peux pas trop m’éloigner de l’écran.

 

5- Comment réagirait votre personnage principal s’il découvrait qu’il n’était que le héro d’un livre ?
Beaucoup de ressentiments envers moi. Toutes ces épreuves pour du divertissement? Il se sentirait sale, je crois.
6- Un super pouvoir préféré ?
Science infuse. Poser une livre sur la tête et absorber son contenu en 3 secondes comme si je l’avais lu et analysé avec attention.
7- Le livre de votre vie, c’est ?
Il était une fois une fille qui a changé d’idée plusieurs fois au cours de sa vie.

 

8- Pour quoi seriez vous prêt à abandonner l’écriture ?
Pour mon garçon. Et si j’en venais là c’est parce qu’il serait en situation  où il aurait besoin de toute ma personne. Dans les deux cas, je ne veux pas me rendre jusque là.

 

9- Le personnage avec qui vous vous verriez bien vivre en colocation ?
Loec Fesbré. Il est discret, ne prend pas toute la place. En plus, il bricole et retapperait constamment ma maison. Pas que j’en sois incapable, mais mon temps passe franchement ailleurs.

 

10 – Vous devez choisir des acteurs pour jouer dans l’adaptation de votre livre en film. Ce serait ?
La seule qui persiste dans mes fantasmes de gloire à la Rowling, c’est de voir Michelle Rodriguez jouer Vièle. Mais j’aurai fini les Dissidents lorsqu’elle sera trop vieille pour le rôle. Sauf que le rôle, elle l’aurait 100% dans la peau. *Soupir* Y’a aussi mon cher Roy Dupuis qui a trop la gueule de l’emploi pour jouer Miliac. Lui aussi sera trop vieux pour le rôle quand je serai riche et célèbre. 😦

 

11- Ça vous a bien emmerdé de répondre à ces questions, hein ? Si, si… Avouez-le !
J’ai même pas besoin de m’en cacher!
Et maintenant?
Des questions de mon cru.
1. Bière ou vin ou rien?
2. Jeunesse flamboyante et courte ou longue vie tranquille mais enrichissante?
3. Un proverbe improvisé de ton cru?
4. Un petit talent caché?
5. Quel autre genre de blog suis-tu?
6. Un voyage au nord ou au sud?
7. Un lieu typiquement exotique que tu n’aimerais pas voir?
8. Un pouvoir magique préféré?
9. À quelle autre époque oserais-tu vivre?
10. Beurre salé ou non?
11. À bannir, le sucre ou le gras?
 

 

Et là?
J’envoie les questions à l’univers! Honnêtement, à moins de faire tourner tout ça en rond dans ma petite clique, ça risque de stagner. Alors si vous voulez participer, faites moi signe en commentaire qu’on fasse connaissance!

De cercle en cercle

L’an passé, alors que j’allaitais encore beaucoup et que j’écrivais comme je pouvais du bout d’un pouce sur mon téléphone et que de l’autre main je caressais la tête de mon tout petit garçon qui s’endormait, cette année-là, donc, j’ai eu l’envie de commencer un blog d’auteur. Bah, je l’ai fait.

Et si j’ai écrit souvent d’un seul pouce alors que le reste de mon corps s’endormait en même temps que mon fils dans mes bras, j’ai quand même su garder le rythme de départ que je m’étais donné: c’est-à-dire, un article par mois. Je dirais, avec tout le recul et la magnifique et ravissante sagesse accumulée que j’ai depuis, bein, je changerais pas ça. Non. Je pourrais pas écrire plus même avec des doigts rapides de super héro. Ce rythme me sied à ravir! Mon garçon fait moins de sieste qu’avant pour me laisser souffler un peu, et il fait des dents, ou une toux et il me gruge la seule heure de ma soirée qui était à moi, je ne peux pas écrire plus de rubriques.

 

Mais! Ces autres moments où tout se passe bien, que la soirée s’ouvre à moi enfin et je peux me poser (malgré un cerveau sensiblement désireux de s’endormir), ces instants rares mais de plus en plus possibles, je les passe à la réecriture. J’ai décidé de ne plus m’acharner sur la complétion de mon dernier tome. (Enfer et damnation! Faire la réécriture avant de terminer le premier jet?!? C’est un piège, sauve-toi, sauve les meubles, sauve ton âme!!) Je réécris, du début pour pouvoir ré-arranger les changements narratifs qui ont eu lieu au fil du temps. Si mon dernier volume tarde tant à naitre, c’est probablement paece qu’il coince en arrière et j’ai des nœuds à dénouer.
Alors je souligne donc l’aventure annuelle par un autre billet mensuel, le prochain étant dans mes vacances à venir. Mais qu’est-ce que des congés avec un jeune enfant? Je vous dirais pas que c’est plus de temps pour écrire…
Récapitulons, ou capitulons, c’est selon. Mon tout premier article était ceci, mon plus nul était apparement celui-là et mon plus populaire en terme de lectorat et de commentaires était celui-ci. N’est-ce pas fabuleux? Non pas tant, qu’une rétrospection de l’an passé. Ah, j’ai bien un billet hors série avec le Sunshine Blogger Award que j’ai reçu récemment… et ça ne semble pas s’arrêter là. Mais pour l’instant, le premier cycle est complété.
En espérant vous avoir encore pour une autre année!

Chercher des Noises

Ils sont malengueulés, vulgaires, grossiers. Ils sont claniques, phallocrates, misogynes. Et pourtant leur parole jurée vaut mille promesses et ils peuvent se dévouer complètement, totalement, à une cause. Les Noises, voisins du nord de Narbrocque, sont le sujet de ce premier volet sur les antagonistes.
Vitenni, un Noise qui, malgré les préjugés contre son peuple,
fait preuve d’ouverture et veut négocier honnêtement.
Ils ne sont qu’une moitié du problème. Mes antagonistes, dans les Dissidents, se trouvent sur un axe d’un des thèmes principaux: le sexisme. J’ai développé deux points de vue opposés sur la question, deux extrêmes pour en faire le miroir l’un de l’autre, en fait. On pourrait penser que mes Noises sont typiques des méchants de Fantasy; société paternaliste, écrasant les faibles et les femmes, guerroyant pour des… noises. J’avoue les avoir faits grossièrement dans ce style au début, mais comme bien des idées qui mûrissent, ils se sont sophistiqués — même si ceci demeure un oxymore, en ce qui les concerne.
Pourquoi le mot «Noise»?
À l’origine, ce mot signifiait «bruit, tapage» (oui comme en anglais, étrange non? XD ) Et cette expression de «chercher des noises»… J’ai trouvé que tout ça leur ressemblait. Des hommes bruyants, arrogants, imposants, autant représentatif de leur énergie que de leur caractère. Oui, ils sont classiques en leur genre et si normalement de tels «méchants» m’auraient énervée par leur forme clichée à vomir, il faut les prendre dans leur contexte. C’est que leur parfait opposé existe aussi et Narbrocque se retrouve entre les deux. Les Bassates, les autres antagonistes du roman, seront discutés dans le prochain volet sur le sujet.
Nuances, nuances
Les Noises sont un des extrêmes sexistes de l’axe thématique et ce simple détail culturel me permet de créer des frictions, voire carrément des incendies, avec les autres groupes de mon univers. Et s’ils se montrent rustres, ils ont aussi leur qualité. Oui, parce que des méchants juste méchants, c’est creux. Les Noises, une fois accrochés à une cause, peuvent tout faire pour sauver la veuve et l’orphelin (même si cet orphelin et cette veuve sont les résultats de leur système de valeur, oh douce ironie). Il y a, chez eux, la dignité extrême de tenir parole. La promesse noise est à prendre au sérieux; le déshonneur et l’ostracisme guettent celui qui parjure ce serment.
Dans le cour de l’histoire des Dissidents, deux Noises seront mis de l’avant. Rulem, chef des rebelles Les Pattes Blanches, et Vitenni (voir image), diplomate œuvrant à Narse. Rulem (alors là, on entend soit roulèm, roulam, roul’m, dur à dire à l’oreille d’un Narsque) n’apparait qu’au deuxième tome et est d’abord présenté comme un féroce guerrier, à un moment charnière d’un conflit opposant Narsques et Noises. Il permettra à l’offensive narsque de prendre le dessus parce que l’homme de guerre qu’il est voit très bien l’abus de pouvoir de son gouvernement sur son peuple et saisit aussi en ses voisins l’occasion de les joindre à sa rébellion. Il veut et réussira à faire tomber l’ancien régime pour prendre lui-même la tête et ainsi passer d’allié à opposant de Narbrocque. Doux-amer.
Le jeune Vitenni, lui, est plein d’idéaux. Il croit sincèrement qu’une alliance avec Narbrocque règlerait les problèmes du monde, surtout si ce monde exclut les Bassates, adversaires séculaires. Il travaille à vendre sa Noise chérie, même aux femmes qui occupent le conseil de Narse, même à une souveraine. Il accepte comme il peut la position laxiste des Narsques sur les questions de rôles des sexes ou l’importance des «faibles» dans leur société. Il ne comprend pas tout, mais il essaie, oh il essaie. L’arrogance noise n’est jamais loin et le choc culturel ébranle même ceux qui s’y refusent. Vitenni, qui vieillira comme tout un chacun, portera l’espoir que Rulem lui inspire. Et qui sera sa déconfiture.
À quoi ressemble votre réflexion sur vos antagonistes, les adversaires de vos personnages? Y a-t-il plusieurs niveaux de contraires? Usez-vous de classiques, osez-vous jouer avec les attentes? Un merci très spécial à Feunart pour m’avoir donné l’idée de ce sujet.

Y’en a qui jouent à la tague

Si seulement il s’agissait d’un jeu d’enfant, mais je ne risque pas de jouer au jeu du loup, ça serait trop facile. Alors voilà. On m’a tagué. Et toute la différence entre un tag et une tague se trouve ici: premièrement, il y a un K. sournois et apparamment que y’a une sorte de tag qui est un prix prestigieux. O.o
Éblouissant, n’est-ce pas?
Histoire de K.
D’abord, je tiens à dire mon innocence. Je lisais le blog de C. Kean, que je nommerai K. pour l’anonymat (oupsi) et pour la rime, et je trouvais amusant de lire ses réponses à des questions aléatoires sur les aléas de l’écriture. Eh bein merde, elle m’a tagué. 😲 Onze!?!??! Le jeu consiste à répondre à onze questions (jusqu’ici tout va bien, c’qui compte c’est pas la chute…), mais encore faut-il lancer onze questions à onze autres bloggeurs. J’ai tout de suite senti mon incompétence relationnelle, là. Mais, je te remercie Kean de m’inclure dans l’univers des lancements de balle. Je devrais te taguer en retour, tiens. 😏
C’est le temps de shiner
Quel est l’article de ton blog dont tu es le/la plus fier/fière ?
Soit celui sur la nordicité, parce que ce thème était inconscient dans mon écriture jusqu’à très récemment. Soit celui sur Miliac, personnage, qui avait été très révélateur et que j’avais hâte de partager.
Quel livre lis-tu en ce moment ?

 

C’est une question plurielle parce que c’est connu, lorsqu’on manque de temps, il faut lire douze mille choses en même temps. Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin, pour bien rester dans ce thème de nordicité même au printemps quand tout est fondu. Je lis aussi 10 ans d’éternité, anthologie de la revue Brins d’éternité pour laquelle j’ai un intérêt grandissant. Entre les secondes vides, je zieute aussi Pour une enfance heureuse de la pédiatre Catherine Gueguen, parce que mamanitude oblige, et parfois je reprends la lecture en suspens depuis six mois de The Eagle and the Raven de Pauline Gedge, roman historique sur Bouddica. Ne me demandez pas de critique littéraire sur tout ça, je perds le fil assez vite merci.
Quel est ton mot préféré aujourd’hui ?
Nordicité. J’ai dû déjà l’écrire trois fois? J’aime la forme, qui est plus loin du platonique nordique et qui ne fait pas penser à une équipe mourrue de hockey. C’est le professeur linguiste et géographe Louis Edmond-Hamelin qui a pondu ce terme et qui inclu tout ce qui est au nord géographique, ou les «extensions spatiales» telles que la montagne ou l’hiver, selon wiki. Bref, c’est tout prêt de boréal dans mon cœur.
Si l’écriture était un animal, pour toi, lequel serait-elle ?
La banalité des choses fait en sorte que ça serait un chat. Ça ronronne de rien en arrière-plan, ça se couche sur le clavier quand c’est pas le temps parce que t’as autre chose à faire de plus adulte, ça te réveille en pleine nuit avec des idées toutes fraiches sur le bout du nez, ça mordille sans prendre garde et en plus ça demande l’entretien d’une littière merci-pas-le-temps-de-sortir-dehors-c’est-trop-sauvage. À votre discrétion d’interpréter cette dernière métaphore. Moi-même, je suis perplexe. 😐

 

Avec quelle personne réelle, historique ou fictive, aimerais-tu passer la journée de demain ?
C’est sûr qu’au lieu d’aller travailler… Dans la mesure où je serais pas nulle pour les rapports humains, je pourrais rencontrer Hatchesoup, tiens.

Quand as-tu vu l’océan pour la dernière fois ?
Jamais. C’est quand même pas ma faute si on a un fleuve en crise identitaire qui se prend pour la mer. Il est tellement large et long, il avale l’Atlantique jusqu’à la gorge. Alors, techniquement, je n’ai jamais vu l’océan, mais j’ai vu la mer parce que je parle pas de cette chose mouillée sous les ponts de Montréal, ni même Québec, mais bien l’estuaire du Saint-Laurent où l’on perd la rive sud de vue lorsque la pluie s’en vient. Sel et marée, vent et sédiments.

 

À qui fais-tu lire tes textes en premier ?
De purs étrangers. Les gens loin sont pas gênés, on a droit à la vérité bien en face. Ç’a été un baptême dur à prendre, mais je le préfère à l’indifférence polie de mes proches qui ont pas encore donné de feedback soit dit en passant… Hmmm, je devrais peut-être les rapeller.

 

Si tu devais résumer un de tes écrits sous forme d’un titre de vidéo youtube putaclic, qu’est-ce que ça donnerait ?
Ça donnerait du bitlit cheap et pas trop sain côté droit de la femme. Ok, à go, on se pète la gueule:

 

«Mariage forcé, elle tombe amoureuse de son mari.»

 

«Elle casse la gueule à des armoires à glace!»

 

«L’amant qui disparaissait tout l’temps.»

 

«Une forge pour les vaincre tous!»
(Je devrais tellement me recycler dans ce genre🙄)
Si tu devais partir demain, ça serait pour aller où ?
Dans un écogite pour écrire. (Ou plutôt pour tenter de retrouver un niveau de concentration assez efficace pour reprendre l’écriture). Sinon, la Norvège, Scandinavie, Icelande, ce genre d’endroits exotiques. 

 

Le défaut que tu apprécies le plus chez toi ?
L’acharnement, qui est à l’opposé du lâcher-prise et qui pose problème parce que je suis continuellement en paradoxe. Y tenir mordicus ou apprendre le détachement et être plus serein? Mais l’acharnement c’est bien quand on veut compléter ses projets.
Quelle est la dernière musique que tu as écoutée ?

 

Mon téléphone-réveil-matin qui jouait Empyrium.
Mon tour!
1. Question qui tue: pourquoi avoir commencer un blog?
2. Marcher ou courir?
3. Combien d’heures arrives-tu à consacrer à ton écriture/création par semaine?
4. Quel thème récurrent se retrouve inévitablement dans tes œuvres?
5. As-tu des personnages que tu ne comprends pas?
6. Parmis ceux qui ne sont pas mort-nés, quel est ton plus vieux projet d’écriture?
7. Tu préfères écrire/créer le matin ou le soir?
8. Envisages-tu d’autres projets artistiques à part l’écriture?
9. Quelle musique te fait tout l’inverse de l’inspiration?
10. Du type hiver, printemps, été ou automne?
11. Le matin, il faut te parler à partir de combien de café/thé/jus matinal qui réveille?
Et je connais que peu de blogueurs, je vais donc sacrifier un agneau à la place avec ces quelques noms qui devront impérativement jouer le jeu. Nola ViruahelyaSoleil Bleu, euh… bah voilà. J’arrête là, sinon je doubletag des gens de la liste de K. Et je suis pas cruelle. Pas tout à fait.