Pour le rendez-vous mensuel des blogueurs, le thème est à saveur de fêtes… assez glauques, quand on y pense. C’est la période de l’année où le monde des vivants est très près de celui des morts.

All Hallows Even

Si la fête catholique de la Toussaint a été déplacée le 1er novembre (autour du VIIIe et XIe siècle) pour concorder et remplacer la fête païenne de Samain, la tradition celte venue d’Écosse, d’Irlande et du pays de Galles — et même Bretagne — en a conservé sa vigueur jusqu’à nos jours. All Hallows Even, littéralement veille de la Toussaint, s’est transformé en Halloween, voire Hallowe’en parfois dans certains textes anglais.

Cette date au milieu de l’automne était autrefois le début de l’an païen. Elle fermait une année pour en ouvrir une autre, sans être de l’une ni de l’autre; un moment entre deux mondes. C’est cette idée de l’entredeux qui fait croitre la rencontre du réel et de l’irréel, du vivant et de l’autre monde: celui des morts.

Macabre? Dans nos sociétés complètement détachées du décès, la mort fascine, révulse. Des histoires sur l’immortalité vampiresque ou la déchéance intuable zombiesque parlent d’elles-mêmes. La mort est fantasmée. Elle n’est plus un simple aboutissement de la vie. Elle n’est plus courante non plus, à nous arracher nos nouveau-nés, à faucher la jeunesse de famine, de guerre, de rigueur du climat ou du travail, à décimer les vieux si jeunes par nos standards actuels. La mort n’est plus dans le quotidien.

Samain et la Trépas

C’est le voile mince des nuits de Samain qui permettait de rencontrer les disparus. Cette idée de faire face aux morts, de les côtoyer encore, m’a fascinée. Vient un temps où la vie nous donne des défunts, inexorablement. Et s’il y a regret, c’est dans la perte et pas nécessairement dans la relation elle-même. En occident actuel, on dirait qu’il existe un tabou: on ne parle plus de nos morts. Et si les blessures fraiches peuvent encore saigner, la cicatrice, elle, peut s’assouplir avec le temps. Parler de nos disparus, c’est leur rendre un peu la vie par nos mots. La mort est toujours un dialogue de vie. Le serpent ne mange pas sa queue pour s’autodétruire, il tue pour vivre et meurt pour donner la vie; un cycle.

source: wikipédia

Rencontrer nos morts, les raconter, enseigner par leurs histoires aux nouvelles générations. Cette idée a fait son chemin dans ma fiction. J’ai ébauché la fête de la Trépas (oui, féminin, parce que.) dans mon univers littéraire actuel en ce sens. Lors du décès, il est coutume de mouler un masque de verre du disparu et de le conserver. Lors de la Trépas, les gens portent ces masques et incarnent le défunt afin de converser, de faire vivre à nouveau une relation avec les vivants. C’est aussi une façon d’apprendre qui étaient les aïeux. Dans cet univers fictif, la mort est familière, ni mauvaise ni bienvenue, ni à craindre non plus.

La relève de la garde

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