Si vous cherchez des titres de lectures à faire, je n’ai pas ça pour vous. Alors pourquoi un Rendez-vous des blogueurs sur la lecture? Pour l’expérience même de la lecture, ses bienfaits et ses effets. Et vous, vos lectures vous mènent jusqu’où?

De l’utilité des histoires

Lire pour se divertir est la raison principale de faire une telle activité. Fiction, beauté, style, c’est la recherche de sensations et de vécu qui nous motive à lire. La lecture, oui, mais pas que. Les histoires, au sens plus large, nous donnent cette satisfaction. Ce n’est pas étonnant que nous ayons créé tant de façons de raconter des histoires. D’abord par l’oralité, qui est toujours autant d’actualité depuis des milliers d’années, puis par l’écrit, les images, le mouvement, la musique. Tous les arts contribuent à cette épopée narrative.

[Les histoires] sont là pour nous montrer des gens qui, en un temps racourci, vivent des expériences auxquelles on peut s’identifier et nous donner un peu de cette expérience sans le vivre, sans sortir de notre fauteuil. C’est le principe d’une histoire. C’est ce à quoi elles servent.

Alexandre Astier

De fiction à recherches

Cette explication de l’importance des histoires a pris tout son sens lorsque j’ai commencé à faire des recherches pour mon gros projet littéraire. Vous lisez de la fiction? Vous lisez aussi des articles presses, des listes, des essais? La lecture renseigne, au même titre que d’autres médias, et l’on s’en sert partout. Les recherches, même pour un questionnement personnel que vous auriez peut-être, fait partie de vos lectures et c’est grâce à de tels renseignements que l’on peut faire des liens avec ce qui nous entoure.

Récemment, je cherchais des informations sur le choc post-traumatique, le trauma et surtout la manière de guérir. Si le protagoniste rencontre un problème et tente de le résoudre, par extension, l’auteur aussi. Sur le blog Scribbook, un article de Stéphane Arnier réfléchit sur la délicatesse de parler de troubles émotionnels ou psychologiques. Pour résumer, il suggère ceci: aborder le problème non pas pour faire vivre le trouble au lecteur (qui pourrait être quelqu’un ayant ce trouble et n’a donc pas besoin de ça) ni même le laisser dans l’ignorance, mais bien de fournir une compréhension de l’obstacle.

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Ce point rejoint l’utilité des histoires. Astier et Arnier (toute ressemblance est purement fortuite) nous disent que l’histoire doit instruire, aussi déconstruite et absurde soit-elle. Cette instruction par le récit, je l’ai aussi trouvé dans mes recherches sur le trauma. L’univers s’accorde.

La méthode des Navajo

Afin de préparer les individus à affronter une situation irrégulière et fondamentalement dure, les Navajo procédaient (procèdent?) à une cérémonie intitiative. C’est à travers contes, légendes, chants et prières que des récits évoquant une situation similaire sont racontés. Par la communauté, le sort des individus (allant en guerre, par exemple) est expliqué; il est mis en évidence que ce qu’ils vivront est différent de l’ordinaire. Les histoires les y préparent et leur donnent, espère-t-on, des clés pour s’en sortir.

À leur retour, une cérémonie similaire est mise en oeuvre. Il y a une reconnaissance de la communauté de ce déséquilibre dans la vie des vétérans et ce doit être réparé. Autant le corps, l’esprit que l’âme doivent être purifiés. Les histoires, mythiques ou réelles, servent à cela. L’expérience par procuration, la projection de soi par le récit des autres; la lecture est un bienfait, bien au-delà de l’évasion mentale.

Lexique de Narbrocque

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