Construire un univers I. Culture et langue 303

303. Comprendre le genre et l’âge

Peu importe la culture des êtres humains, il y a toujours quelque part une catégorisation. Celle-ci s’intègre dans un ensemble avec ses logiques, ses remises en question et ses acceptations. Le genre des individus est une construction et le découpage de l’âge aussi. Ces deux éléments vont donc naturellement se retrouver sous une forme linguistique ou une autre quelque part.

Genre, ça dépend, t’sais

Il manque trop souvent selon moi, dans toutes les discussions autour du genre, la définition même de ce qu’est un genre. Plus l’on tente de faire tomber les frontières autour de la question et plus la confusion entre sexe et genre semble grandir. Je vais pour ma part fournir la description que je comprends la mieux: celle de l’ethnologie. Le sexe est biologique; le genre est un rôle social. Pas plus compliqué — et j’aime garder ça simple parce que si tout peut être complexifié et détaillé et empli de mille nuances, ça ne donne pas grand-chose si la base conceptuelle est mal définie. Appelons cela de la vulgarisation sans vulgarité.

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Ajoutons toutefois un peu de chair. Le genre est une construction culturelle variable des différences basées sur des distinctions biologiques perçues. Tout de suite, là, c’est plus complexe. En terme profane ça peut simplement dire que l’on s’attend à ce que les individus d’un sexe précis (selon des critères eux aussi culturels) agissent selon ce que les moeurs considèrent être le rôle de leur sexe. Donc, leur genre est un rôle social. La boucle se ferme.

Agir comme un homme, être une bonne épouse, ne pas faire le garçon, etc. Tout ça est construit. Ces expressions ont un sens seulement dans un contexte culturel précis. Qu’est-ce qu’un homme? Est-il un soignant, doit-il s’occuper des enfants? Est-il un pourvoyeur ou un violent guerrier sans peur aucune? En réponse à ces questions, un certain comportement est attendu.

Dans certaines (rares) sociétés matriarcales, il incombe à l’homme de s’occuper des enfants et à la femme de gérer les affaires. Les justifications données à ces rôles sont bâties de la même façon que les sociétés patriarcales, mais pour son opposé! «Les hommes sont doux et compréhensifs, ils n’ont pas la logique et la rigueur pour les affaires.» Il est si simple d’inverser les termes.

Il n’est pas question de sexe, mais bien de genre et ça, cette distinction, va transparaitre dans le langage, dans les catégorisations, dans les structures. Dans la langue khasi, en Indes, bois est masculin. Oh, à moins de l’avoir coupé, cordé, utilisé à quelque chose d’utile et nécessaire. Alors là, c’est clairement féminin. Il n’est pas inhabituel de voir une hiérarchie entre les genres, mais elle n’est pas non plus obligatoire. Dans d’autres sociétés, comme les Hua de Papouasie-Nouvelle-Guinée, le genre s’inverse avec l’âge. Et puis, il y a aussi plus de genres que de sexes, si on veut mettre davantage de nuances intermédiaires entre les deux pôles. Et là, ce n’est qu’à propos des individus. Qu’en est-il aussi des objets? #maldetête

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