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Trouble de l’empathie: autisme ou autre?

La cohérence d’un personnage demande parfois à fouiller très loin dans des sujets qui vous sont peu familiers. J’ai un personnage qui a un problème d’empathie. Je le sais depuis que je l’écris, mais est venu un temps où certains lecteurs avaient besoin de mieux comprendre. Je ne suis pas psy. J’ai donc cherché ce qui pouvait causer un tel trouble chez un individu. Je suis passé du trouble du spectre de l’autisme au… style d’attachement d’un bébé.

Le Trouble du spectre autistique

Le manque d’empathie, cette capacité à comprendre ce que l’autre ressent (sans nécessairement le ressentir soi-même), est un élément majeur qui caractérise beaucoup le TSA. Tellement que je me suis demandé si mon personnage en était touché. Le premier point du TSA est un problème de communication: incapacité à partager avec les autres, incapacité à chercher de l’aide. Bien sûr, tout ceci à des degrés différents (on parle de spectre pas pour rien).

Le personnage dont il est question: Prendre rendez-vous avec un personnage

D’un côté, ça m’intriguait que mon personnage principal soit une figure du TSA, même léger, qui soit mis de l’avant dans une histoire. D’un autre côté, ça me faisait peur. Je ne connais rien près de moi sur ce trouble. J’avais peur de dire des conneries, quoi, même avec des recherches.

Mais voilà, le TSA a deux points majeurs à son arc: le deuxième étant des stéréotypies. Vous savez, ces petits gestes répétitifs, ces tics, ces obsessions sur un sujet donné? C’est là que je me suis rendu compte que mon personnage ne collait pas à ce diagnostic. Ajouter ce pan du TSA était trop majeur et changeait beaucoup le personnage. Donc, ce n’est pas ce qu’elle était. Je voulais la comprendre et je devais trouver une meilleure explication.

Dès la naissance

Dans mes recherches sur l’autisme, je suis tombée sur un détail tout minime. Certains traits du TSA peuvent apparaitre dans un contexte d’un trouble de l’attachement insécure. La théorie de l’attachement explique le lien qu’a un nouveau-né avec la personne principale qui prend soin de lui. Ces traits, comme les stéréotypies, ne sont pas présents à tout moment comme avec quelqu’un qui a un TSA, mais apparaissent dans un certain contexte, en compagnie d’une certaine personne. Je me suis donc mise à étudier les troubles de l’attachement. Le vidéo ci-contre résume bien la théorie.

J’ai découvert qu’il y avait plusieurs styles d’attachement insécure, dont un qui était marqué par un manque d’empathie et un détachement émotionnel. J’étais sur la bonne piste. Dans les styles insécures, il y a l’évitant, l’ambivalent et le désorganisé. Beaucoup d’études portent sur ce dernier, car il aboutit souvent sur de la psychopathie! Moi, ce qui m’intéressait, c’était le style évitant, plus commun dans les sociétés qui poussent les enfants prématurément vers l’autonomie.

L’évitant.e

Dès le début de mes recherches, ce style me parlait. J’ai un jeune enfant qui est encore dans ce moment crucial de l’attachement et je crois m’en tirer plutôt bien. Mais voilà, ce style insécure me parlait autrement. Il cadre parfaitement avec mon personnage et je sais à présent comment mieux l’expliquer à mes lecteurs. Voici une liste des traits majeurs des évitants.

  • Évitement de la proximité ou de l’intimité
  • Ambivalence
  • Comportements méprisants
  • Attitude distante, parfois hautaine
  • N’aime pas dépendre des autres
  • Difficulté à être proche / Peur de la proximité
  • Garde ses distances
  • Manque d’émotion ou minimisation de l’expression des émotions
  • Difficulté à s’ouvrir notamment s’agissant de pensées privées
  • Faux-self
  • Repousse quiconque tente de trop s’approcher
  • Illusion d’auto-suffisance
  • Alexithymie
  • Trouve l’intimité relationnelle étouffante
  • Manque d’empathie

source: Laetitia Bluteau

Mon personnage coche 80% de ces points. J’ai étudié la source du problème, le développement et surtout comment il est possible de modifier ce trouble, ou d’en cesser la répétition de génération en génération. Mon personnage y arrive, je sais maintenant consciemment comment. En vrai, c’est un peu comme moi avec mon enfant qui est plus sécure que moi. En vrai, moi aussi je coche 80% des traits de l’évitant. La pomme ne tombe pas très loin de l’arbre, même pour un personnage…

photo: Kelly Sikkema

Il y a un questionnaire sur le style d’attachement ici. Ça peut être pour vous et pour mieux vous connaitre; ça peut aussi être pour vos personnages. Vous avez découvert quelque chose? Partagez-le!

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2 thoughts on “Trouble de l’empathie: autisme ou autre?

  • Tous les TSA n’ont pas de stéréotypies. Je n’en ai pas d’ailleurs et pourtant, je suis Asperger. Ne généralisez pas, nous sommes tous différents.

    • Je suis bien désolée que ce résumé du TSA en quelques lignes n’inclut pas de détails comme le fait que l’Asperger ne soit, à l’heure actuelle, plus perçu comme un trouble de l’autisme, mais un trouble à part justement à cause de cette différence sur les stéréotypies. Je ne suis pas non plus une professionnelle en psychologie; je dois donc me fier à ceux qui le sont et les recherches et les notions sur le TSA changent tous les jours. Certes, je condense énormément, car mon propos n’est pas sur l’autisme, mais le trouble d’empathie. Il y a toujours des détails — aussi importants soient-ils — qui ne peuvent être inclus dans un si petit article. Alors oui, je généralise, et j’en suis désolée, mais c’est le risque de la vulgarisation.

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