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Conseil Écriture: le talent ne suffit pas.

Penses-tu qu’il suffit de bien écrire pour être publié.e? Que de savoir raconter une histoire, de connaitre comment la rendre émouvante et chavirante suffira à ouvrir les yeux des maisons d’édition et du lectorat? Des milliers de milliers de livres sont publiés chaque année. Imagine maintenant le nombre de manuscrits refusés derrière tout ça.

À notre époque où l’alphabétisation est généralisée, où l’accès à l’imprimerie est facile, écrire et publier n’est plus vraiment une rareté. Même que le marché de la lecture est saturé. La littérature, d’ailleurs, ne représente que 0,68% des publications annuelles. C’est assez déprimant.

Donc, dans cette optique réalistement terne, le talent ne suffit pas pour que tes textes soient enfin publics. Le talent n’est toujours qu’une avance de maitrise sur un art, que les autres n’ont pas — pas encore, du moins. Cette avance peut se perdre facilement si elle n’est pas approfondie.

Conseil d’écriture 1: Travailler son texte

Retravailler ton manuscrit doit être le conseil d’écriture que tu as entendu le plus, si tu suis le moindrement tout le blabla autour de la vie d’un écrivain. Il est effectivement le meilleur conseil à suivre.

Même si un jour ton manuscrit arrive sous les yeux d’un éditeur, encore faut-il que le travail d’écriture soit assez avancé pour ne pas le dégoûter. Dans le monde idéal d’une maison d’édition, le manuscrit est tout prêt pour être mis au four. C’est ça qu’il faut viser.

Il existe toute sorte d’endroits pour faire bêta-lire ton texte, il y a même des services offerts par des écrivain.es qualifié.es, des réviseur.es, des correctrices, des critiques. Cet article de blog ne s’épanchera pas sur ce sujet. Car, oui, voilà, il y a un autre volet sur la route de la publication qui est moins discuté: avoir un réseau.

Conseil d’écriture 2: Se faire un réseau

L’écrivain qui vit dans sa grotte y restera. Sauf exception, ce troglodyte n’intéresse pas les gens du livre. Les introverti.es ont les mains moites juste d’y penser, mais il faut être capable de rencontrer des personnes, les bonnes personnes, pour graviter dans le milieu du livre.

D’ailleurs, comme dans n’importe quel projet de vie, mieux vaut avoir un réseau de gens qui peuvent offrir un coup de main. J’ai longtemps pensé qu’il s’agissait d’une sorte de flaterie perpétuelle à donner à tout ceux et celles qui peuvent nous servir. Cette vision est éronnée et voilà pourquoi: le réseau social est aussi vital chez l’humain que les racines d’un arbre.

On a appris récemment que les arbres d’une forêt s’entraidaient constamment. De par leurs racines, ils s’envoient des nutriments, donnent des signaux de danger à d’autres individus de leur territoire. C’est magnifique!

La vie secrète des arbres (lien affilié), par Peter Whollheben, en parle plus en détail

De la même manière, un réseau sain doit toujours chercher à aider le prochain. C’est en nourrissant ton réseau que tu vas le renforcer et qu’il va te soutenir. L’attitude à avoir, d’ailleurs, n’est pas celle de celui qui veut, mais de celui qui donne. Comme le font les arbres entre eux. Il y a un besoin dans le réseau? Réponds à ce besoin. Lorsque le tien se fera sentir, tu auras des alliés pour t’aider.

Oui, il y a une part d’intérêt. L’altruisme pur n’existe pas. C’est parce que tu vas avoir besoin que tu vas donner. C’est justement ce creux qui crée le déséquilibre pour activer la répartition des ressources. Tu veux être lu par une bêta-lectrice, fais toi-même des critiques constructives.

Conseil de rencontre

Pour établir un réseau dans le monde du livre, tu vas devoir y plonger. Tu peux commencer par te joindre à des associations d’auteur.es, à des organismes de salons du livre. Tu peux offrir tes services de relectrice pour une revue littéraire, de correcteur de nouvelles (oui, c’est souvent du bénévolat). Dans ces petits lieux se trouvent des gens qui connaissent des gens qui en connaissent d’autres.

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Des occasions, à force de petites discussions entre collègues, risquent de se présenter. Saisis-les. Que ce soit de faire un collectif, une critique dans une revue, organiser un petit congrès minuscule sur un thème précis… tout ça t’ouvre des portes et te fait rencontrer des gens.

Oui, mais…

Comment leur parler sans bégayer ni manquer de conversation?

Conseils pour les intoverti.es

Les gens aiment parler d’eux-mêmes. Parfait. Tu es introverti.e? Laisse-les parler tout seul. L’introversion a cette merveilleuse qualité d’être celle de l’écoute. Si tu sens que le monologue se tarit, relance sur une question ouverte à propos des dernières paroles de ton interlocuteur. Mieux encore, reprend sa dernière phrase sous forme de question. Il précisera son idée.

Chaine: L’aventurier introverti

L’écoute te donnera plein d’information sur qui est cette personne, qui elle connait, ce qu’elle fait dans le milieu de livre… ce qu’elle a besoin. Si possible, trouve comment l’aider en demandant dans ton réseau.

Ton introversion a aussi une autre grande qualité: tu aimes les sujets de profondeur. Qui se souvient avec qui elle a parlé de météo? Qui se souvient avec qui il a discuté de la valeur du minerai dans l’Ouest canadien et l’impact sur les Premières Nations?

Conseils pour les extraverti.es

Tu seras à l’aise devant des inconnus. Tu seras même un excellent moteur de conversation… si tu t’intéresses à ton interlocuteur, mais sincèrement. Fais-le parler de lui, cherche avec lui un intérêt commun. Il y a bien un lien possible entre vous. Souligne-le lorsque tu l’auras trouvé.

Tu te nourris des autres, alors sois curieux même des plus timides. Prends ton temps de les approcher doucement, quitte à meubler les silences. Le chemin rapide vers une personne plus réfléchie que verbale est un sujet plus profond. Laisse vite tomber le small talk, demande-lui ce qu’elle aime et apprend d’elle. Questionne-la là-dessus et ne parle pas de toi, mais de choses en lien avec son sujet.

En tant qu’extraverti.e, tu connais sûrement déjà plein de gens. Tu as l’avantage de pouvoir te servir de ce réseau, surtout s’il s’agit de gens hors domaine du livre. Connaitre des personnes de tous les milieux te permettra de répondre aux besoins qui ne touchent pas le livre directement, mais le confort de ton interlocutrice.

Conclusion

Dans ces rencontres, tu te rapprocheras des gens qui travaillent dans le domaine. Tu sauras où il y a une demande de manuscrit, de quels types de texte il s’agit, ce que cette maison cherche précisément. Tu pourras même demander exactement ce qu’elle veut, ce qu’il faut éviter, et suggères tes collègues écrivains qui sont dans cette ligne éditoriale.

Alors, tu ne seras peut-être pas retenu pour une publication, mais si une personne qui travaille à compte d’éditeur te demande de lui fournir ton manuscrit parce qu’elle te connait et sait ce que tu écris, au moins, tu es sur le dessus de la pile.

Tu as besoin de beaucoup plus de trucs pour savoir rencontrer des gens en public? Prépare-toi à l’après-confinement tout de suite: je te propose une antisèche sociale (cheat sheet). C’est une liste de choses faciles à faire que tu peux même consulter dans le feu de l’action, sur ton téléphone. Inscris-toi à mon infolettre pour la recevoir!

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One thought on “Conseil Écriture: le talent ne suffit pas.

  • Très intéressant ! Effectivement on a souvent en tête les histoires incroyables d’auteurs /acteurs etc… Qui ont été repérés quasiment malgré eux et on a cet espoir fou que ça nous arrive… Mais je crois qu’on peut toujours attendre

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