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Entrevue avec Bérengère Delaplace

Dans le cadre des Entrevues d’écrivains, cette fois-ci, je vous propose l’auteure Bérengère Delaplace, de la France.

Portrait d’auteure

  • Es-tu un auteur publié? Est-ce important pour toi? Est-ce une notoriété ou une reconnaissance?

Ma première publication a été ma nouvelle Nuit au zoo dans le recueil du 7e tournoi des nouvellistes publié par Un Monde de Mots en 2018. Ça a été une fierté de découvrir qu’un de mes écrits pouvait plaire. Cette publication a quelque peu apaisé mon manque de confiance pathologique. 😉

En juillet 2020, j’ai auto-édité mon roman d’horreur post-apocalyptique Jusqu’à l’aube. Je suis partie de comptes rendus de parties de jeu de rôle pour en faire une histoire qui se tenait. J’étais très attachée à mon personnage: une mère de famille nombreuse, en pleine crise de la quarantaine, enceinte et désirant avorter en cachette de son mari. Une héroïne loin des clichés habituels dans le genre!

Je suis quelqu’un qui aime aller au bout des choses. Je me suis dit que j’avais rempli toutes les étapes, de l’écriture à la correction, alors pourquoi ne pas l’éditer? C’était une façon de me prouver que je pouvais le faire.

  • Quel.s genre.s d’écrits fais-tu?

J’aime le roman, en tant que lectrice et auteure, mais je m’essaie aussi au format nouvelle. C’est un challenge pour moi qui aime passer du temps avec mes personnages, les voir évoluer.

  • Quel.s genre.s lis-tu?

C’est assez varié, il me semble. J’ai une préférence pour l’horreur et la fantasy, j’ai eu une grosse époque où je dévorais les policiers. Il m’arrive de lire des romans historiques, du young adult… tout dépend de ce que j’ai sous la main.

  • Où peut-on trouver tes publications? Laquelle nous suggères-tu pour te lire une première fois?

Mes titres sont disponibles sur Amazon. Ma nouvelle est une préquelle au roman, autant commencer par là, surtout qu’elle est disponible gratuitement.

  • Quel est ton parcours d’auteure dans la chaine du livre?

Je suis directement passée par l’auto-édition. L’écriture est un plaisir, une passion que je n’ai jamais envisagée comme un métier ou un moyen de gagner ma vie. J’ai réalisé plus tard que j’avais probablement une vision faussée de l’édition traditionnelle et de ce qui pousse les auteurs à se tourner vers elle.

  • Comment a évolué ta méthode de travail? De l’écriture instinctive à celle plus planifiée, de l’écriture manuscrite à tapuscrite? Ce sont pour toi des méthodes contradictoires ou complémentaires, ou sont-elles plutôt une sorte d’axe sur lequel jouer?

À la base, je rédigeais des comptes rendus de parties de jeu de rôle. Lorsque je suis devenue maman, le jeu de rôle a été mis entre parenthèses pendant plus d’une année. Les séances me manquaient et j’ai commencé à imaginer ce qui pourrait arriver à nos différents personnages.

Comment allaient-ils s’en sortir? Quelles horreurs allaient-ils devoir affronter pour survivre? Les idées me trottaient dans la tête, se développaient, m’obsédaient au point de me tenir éveillée la nuit. L’écriture a été ma solution, mon exutoire pour échapper à ces nuits blanches.

Bérengère Delaplace sur Facebook

J’ai commencé par écrire des scènes fortes qui me tenaient à cœur. Une fois ces scènes terminées, je me suis demandé comment j’allais bien pouvoir les relier entre elles de façon cohérente. C’est comme ça que mon roman est né.

Pour mon second roman en cours de réflexion, j’ai envie de faire différemment, de réfléchir en amont à l’arc qu’empruntera le personnage principal. Je ne suis qu’au début de ce projet. Il faudra patienter avant que je puisse dire quelle méthode m’aura le plus convenu.

  • Offres-tu des services en lien avec l’écriture?

Non, car ce n’est pas le cœur de ce que j’aime dans l’écriture.

Perception du métier

  • Perçois-tu une différence entre ceux qui ne sont pas publiés et ceux qui le sont (si oui, comment)? Est-ce ainsi que l’on définit un écrivain.e?

J’ai abandonné des romans publiés par de grandes maisons d’édition alors qu’ils connaissent un succès mondial. À l’inverse, j’ai été émue par des textes publiés uniquement sur forum. La publication n’est pas une garantie de qualité. Est écrivain celui ou celle qui écrit. Si l’auteur y met une part de lui-même, c’est encore mieux.

  • Crois-tu que la vocation ou le métier d’écrivain a un certain prestige? Est-ce selon toi plutôt un métier ou une vocation?

Lorsque je vois le nombre de publications disponibles, que ce soit par voie d’édition traditionnelle ou en auto-édition, force est de constater que la vocation de l’écriture est présente chez beaucoup de gens. Le métier d’écrivain est porteur d’un certain prestige, mais je ne pense pas que ce soit le moteur de toute cette créativité. L’envie de partager, d’inventer, d’exorciser, de voyager dans son monde intérieur, sont des sources intarissables pour l’imagination.

  • Comment définis-tu le syndrome de l’imposteur et le ressens-tu? Que fais-tu avec un tel sentiment?

Je me demande justement quelle est ma légitimité à répondre à ce questionnaire. 😊 Blague à part, j’ai eu ce sentiment de ne pas être légitime en tant qu’auteure. Qu’est-ce qui me donnait le droit de m’autopublier? N’était-ce pas prétentieux alors que je n’avais même pas cherché à soumettre mon tapuscrit à des maisons d’édition? Qui aurait envie de me lire?

Bérengère Delaplace sur Instagram

Ce sentiment s’est tu, petit à petit. Échanger avec quelques-uns de mes lecteurs y a beaucoup contribué. Je me suis sentie auteure quand j’ai su que j’avais réussi à leur provoquer des émotions. C’est ma plus grande fierté.

  • Quel est selon toi le plus grand mythe concernant les écrivains?

Je pense qu’il faut arrêter de croire, comme pour beaucoup d’artistes, qu’ils ont simplement le don. Les auteurs travaillent énormément à se perfectionner dans leur art.

  • Comment perçois-tu toute l’animation autour des droits d’auteurs et du statut de ceux-ci?

Je ne touche pas de droits d’auteur en tant qu’auto-éditée. Il me semble que le statut d’auteur devrait être mieux rémunéré et protégé.

Jusqu’à l’aube

Charlotte, États-Unis.
Molly, une mère de famille nombreuse en pleine crise de la quarantaine découvre qu’elle est de nouveau enceinte. Alors qu’elle se trouve dans le centre-ville, loin des siens restés à la maison, une nouvelle forme de grippe, mortelle et virulente, s’abat sur la population. Ceux qui y succombent se relèvent pour s’attaquer aux rares survivants.
Forcée de s’allier à des inconnus, Molly parviendra-t-elle à survivre et à retrouver sa famille dans le chaos ambiant?

Particularités d’auteure

  • Quel parfum a ta période étudiante?

Fugace comme celui d’une violette. J’ai fait de courtes études.

  • Quelles couleurs porte ton enfance?

Le vert de l’herbe, le jaune doré des champs de blé et le gris de l’asphalte qui défilait sous les roues de mon vélo.

  • Que goûte ton premier voyage?

Les pâtes à la sauce tomate que nous servaient les moines lors d’un voyage scolaire organisé par ma professeur de latin à Rome.

  • Quelle est la musicalité, la prosodie du territoire de tes vacances?

Je n’avais pas vraiment de territoire attitré pour les vacances, mais un endroit revient régulièrement ces dernières années, à la demande de ma fille. Les vacances sont alors bercées par le ressac de la Manche sur la plage de galets, le chant des mouettes et les cris de ma fille: “Maman, papa! J’ai trouvé un fossile!”

Lire une autre entrevue? Avec Dave Côté, auteur de Nés comme ça

Photo à la une: Michal Czyz

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