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Conseil lecture: Croc fendu, de Tanya Tagaq

Pour le conseil de lecture du jour, j’aborde le roman Croc fendu, de Tanya Tagaq, paru en anglais sous le titre Split Tooth chez Penguin Random House Canada, 2018, et en français chez Alto, en 2019.

Résumé

Elle grandit au Nunavut dans les années 1970. Elle connaît la joie, l’amitié, l’amour des parents, l’art du camouflage et de la survie. Elle connaît l’ennui et l’intimidation. Elle connaît les ravages de l’alcool, la violence sourde, le courage d’aimer les petites peurs. Elle connaît le pouvoir des esprits. Elle scande en silence le pouvoir brut, amoral, de la glace et du ciel.

Dans ce récit venu de loin, d’un espace intime et profond où les frontières s’effacent, Tanya Tagaq chronique les jours terribles d’un village écrasé sous le soleil de minuit, laissant dans la blancheur de la page l’empreinte sauvage d’une mythologie enchanteresse. Savant collage de descriptions hallucinées et de plongées intimistes, Croc fendu nous lance à la suite d’une héroïne inoubliable pour reconsidérer la différence entre le bon et le mauvais, l’animal et l’humain, le vrai et l’imaginé. Ici, la réalité se révèle aussi étrange que la fiction, à moins qu’il n’y ait jamais eu de différence entre les deux.

Cette maison est l’empire exclusif des enfants. Par une froide nuit d’été, on s’y rassemble. Du papier métallique dans les fenêtres sert à bloquer le soleil, des bas de laine enfoncés dans le trou prévu pour la poignée de porte empêchent les petits de nous espionner. On est en sécurité dans cette maison où personne ne boit. Pas d’adultes, on fait la loi.

T. Tagaq

Conseil lecture

C’est une lecture très dure dans son propos, donc, pour un lectorat averti. La structure du roman est décousue, entrecoupée de poésie, et la narration est plutôt chronologique, mais pas toujours. C’est une lecture qui demande plus de concentration et si l’on voyage dans l’intériorité du personnage plus que dans l’action, la plongée est profonde. Ce n’est pas un livre qu’on dévore, mais qui nous dévore.

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Ensuite, on est dans une sorte de récit limite entre divagation psychologique et fantastique. C’est pour exprimer la dureté du vécu du personnage que la narration entre ainsi dans le surnaturel. Ce qui va intéresser la lectrice ou le lecteur de ce genre de roman est le partage d’expérience qui heureusement, n’est pas vécu par tous, mais qui malheureusement, est vécu par d’autres. Donc, le lectorat de Croc fendu est celui qui cherche à mieux comprendre ce qui déraille et en devenir alerte.

Est-ce que ce genre de lecture vous intéresse et pourquoi?

Photo à la une: Joanna Kosinska sur Unsplash

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