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Tag?

On m’a encore piégée! C’est odieux! Cette fois, j’ai été fauchée par J.R. qui a été ensorcelée par Nola que j’avais taguée. Parlez d’un retour de balancier? Alors quoi faire? Bein, jouer.
2.0
1 – Le truc qui vous pousse le plus à la procrastination ?
Une certaine chatbox, sur un forum certain.

 

2- Le personnage que vous adorez détester ?
Cunningham, dans Rob Roy (1995). C’est un antagoniste pour qui on développe de l’empathie. On comprend son amertume, sa dérision, on saisit pourquoi il fait les choix qu’il fait. En plus, il est brillant. On ne l’aime pas parce que pour se sortir de la merde, il salope la vie du protagoniste

 

3- le lait, c’est avant ou après avoir mis les céréales dans le bol ?
Le lait, c’est pour mon bébé, et il en prend du frais directe de mon moi-même. Les céréales, ça se prend avec du yogourt.

 

4 – Si vous aviez le choix entre : être suivi toute sa vie par 5 canards, même aux WC, ou bien, avoir des bras de deux mètres, ce serait ?
J’ai déjà un canardelait qui me suit partout même au toilette, alors cinq. Avoir des longs bras, ça serait pratique pour déplacer des objets. Moins pour écrire à l’ordi, faudrait adapter mon bureau parce qu’avec ma myopie, je peux pas trop m’éloigner de l’écran.

 

5- Comment réagirait votre personnage principal s’il découvrait qu’il n’était que le héro d’un livre ?
Beaucoup de ressentiments envers moi. Toutes ces épreuves pour du divertissement? Il se sentirait sale, je crois.
6- Un super pouvoir préféré ?
Science infuse. Poser une livre sur la tête et absorber son contenu en 3 secondes comme si je l’avais lu et analysé avec attention.
7- Le livre de votre vie, c’est ?
Il était une fois une fille qui a changé d’idée plusieurs fois au cours de sa vie.

 

8- Pour quoi seriez vous prêt à abandonner l’écriture ?
Pour mon garçon. Et si j’en venais là c’est parce qu’il serait en situation  où il aurait besoin de toute ma personne. Dans les deux cas, je ne veux pas me rendre jusque là.

 

9- Le personnage avec qui vous vous verriez bien vivre en colocation ?
Loec Fesbré. Il est discret, ne prend pas toute la place. En plus, il bricole et retapperait constamment ma maison. Pas que j’en sois incapable, mais mon temps passe franchement ailleurs.

 

10 – Vous devez choisir des acteurs pour jouer dans l’adaptation de votre livre en film. Ce serait ?
La seule qui persiste dans mes fantasmes de gloire à la Rowling, c’est de voir Michelle Rodriguez jouer Vièle. Mais j’aurai fini les Dissidents lorsqu’elle sera trop vieille pour le rôle. Sauf que le rôle, elle l’aurait 100% dans la peau. *Soupir* Y’a aussi mon cher Roy Dupuis qui a trop la gueule de l’emploi pour jouer Miliac. Lui aussi sera trop vieux pour le rôle quand je serai riche et célèbre. 😦

 

11- Ça vous a bien emmerdé de répondre à ces questions, hein ? Si, si… Avouez-le !
J’ai même pas besoin de m’en cacher!
Et maintenant?
Des questions de mon cru.
1. Bière ou vin ou rien?
2. Jeunesse flamboyante et courte ou longue vie tranquille mais enrichissante?
3. Un proverbe improvisé de ton cru?
4. Un petit talent caché?
5. Quel autre genre de blog suis-tu?
6. Un voyage au nord ou au sud?
7. Un lieu typiquement exotique que tu n’aimerais pas voir?
8. Un pouvoir magique préféré?
9. À quelle autre époque oserais-tu vivre?
10. Beurre salé ou non?
11. À bannir, le sucre ou le gras?
 

 

Et là?
J’envoie les questions à l’univers! Honnêtement, à moins de faire tourner tout ça en rond dans ma petite clique, ça risque de stagner. Alors si vous voulez participer, faites moi signe en commentaire qu’on fasse connaissance!
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De cercle en cercle

L’an passé, alors que j’allaitais encore beaucoup et que j’écrivais comme je pouvais du bout d’un pouce sur mon téléphone et que de l’autre main je caressais la tête de mon tout petit garçon qui s’endormait, cette année-là, donc, j’ai eu l’envie de commencer un blog d’auteur. Bah, je l’ai fait.

Et si j’ai écrit souvent d’un seul pouce alors que le reste de mon corps s’endormait en même temps que mon fils dans mes bras, j’ai quand même su garder le rythme de départ que je m’étais donné: c’est-à-dire, un article par mois. Je dirais, avec tout le recul et la magnifique et ravissante sagesse accumulée que j’ai depuis, bein, je changerais pas ça. Non. Je pourrais pas écrire plus même avec des doigts rapides de super héro. Ce rythme me sied à ravir! Mon garçon fait moins de sieste qu’avant pour me laisser souffler un peu, et il fait des dents, ou une toux et il me gruge la seule heure de ma soirée qui était à moi, je ne peux pas écrire plus de rubriques.

 

Mais! Ces autres moments où tout se passe bien, que la soirée s’ouvre à moi enfin et je peux me poser (malgré un cerveau sensiblement désireux de s’endormir), ces instants rares mais de plus en plus possibles, je les passe à la réecriture. J’ai décidé de ne plus m’acharner sur la complétion de mon dernier tome. (Enfer et damnation! Faire la réécriture avant de terminer le premier jet?!? C’est un piège, sauve-toi, sauve les meubles, sauve ton âme!!) Je réécris, du début pour pouvoir ré-arranger les changements narratifs qui ont eu lieu au fil du temps. Si mon dernier volume tarde tant à naitre, c’est probablement paece qu’il coince en arrière et j’ai des nœuds à dénouer.
Alors je souligne donc l’aventure annuelle par un autre billet mensuel, le prochain étant dans mes vacances à venir. Mais qu’est-ce que des congés avec un jeune enfant? Je vous dirais pas que c’est plus de temps pour écrire…
Récapitulons, ou capitulons, c’est selon. Mon tout premier article était ceci, mon plus nul était apparement celui-là et mon plus populaire en terme de lectorat et de commentaires était celui-ci. N’est-ce pas fabuleux? Non pas tant, qu’une rétrospection de l’an passé. Ah, j’ai bien un billet hors série avec le Sunshine Blogger Award que j’ai reçu récemment… et ça ne semble pas s’arrêter là. Mais pour l’instant, le premier cycle est complété.
En espérant vous avoir encore pour une autre année!
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Chercher des Noises

Ils sont malengueulés, vulgaires, grossiers. Ils sont claniques, phallocrates, misogynes. Et pourtant leur parole jurée vaut mille promesses et ils peuvent se dévouer complètement, totalement, à une cause. Les Noises, voisins du nord de Narbrocque, sont le sujet de ce premier volet sur les antagonistes.

Ils ne sont qu’une moitié du problème. Mes antagonistes, dans les Dissidents, se trouvent sur un axe d’un des thèmes principaux: le sexisme. J’ai développé deux points de vue opposés sur la question, deux extrêmes pour en faire le miroir l’un de l’autre, en fait. On pourrait penser que mes Noises sont typiques des méchants de Fantasy; société paternaliste, écrasant les faibles et les femmes, guerroyant pour des… noises. J’avoue les avoir faits grossièrement dans ce style au début, mais comme bien des idées qui mûrissent, ils se sont sophistiqués — même si ceci demeure un oxymore, en ce qui les concerne.

Pourquoi le mot «Noise»?

À l’origine, ce mot signifiait «bruit, tapage» (oui comme en anglais, étrange non? XD ) Et cette expression de «chercher des noises»… J’ai trouvé que tout ça leur ressemblait. Des hommes bruyants, arrogants, imposants, autant représentatif de leur énergie que de leur caractère. Oui, ils sont classiques en leur genre et si normalement de tels «méchants» m’auraient énervée par leur forme clichée à vomir, il faut les prendre dans leur contexte. C’est que leur parfait opposé existe aussi et Narbrocque se retrouve entre les deux. Les Bassates, les autres antagonistes du roman, seront discutés dans le prochain volet sur le sujet.

Lien que voici: Des Bassates et des hommes

Nuances, nuances

Les Noises sont un des extrêmes sexistes de l’axe thématique et ce simple détail culturel me permet de créer des frictions, voire carrément des incendies, avec les autres groupes de mon univers. Et s’ils se montrent rustres, ils ont aussi leur qualité. Oui, parce que des méchants juste méchants, c’est creux. Les Noises, une fois accrochés à une cause, peuvent tout faire pour sauver la veuve et l’orphelin (même si cet orphelin et cette veuve sont les résultats de leur système de valeur, oh douce ironie). Il y a, chez eux, la dignité extrême de tenir parole. La promesse noise est à prendre au sérieux; le déshonneur et l’ostracisme guettent celui qui parjure ce serment.

Dans le cour de l’histoire des Dissidents, deux Noises seront mis de l’avant. Rulem, chef des rebelles Les Pattes Blanches, et Vitenni (voir image), diplomate œuvrant à Narse. Rulem (alors là, on entend soit roulèm, roulam, roul’m, dur à dire à l’oreille d’un Narsque) n’apparait qu’au deuxième tome et est d’abord présenté comme un féroce guerrier, à un moment charnière d’un conflit opposant Narsques et Noises. Il permettra à l’offensive narsque de prendre le dessus parce que l’homme de guerre qu’il est voit très bien l’abus de pouvoir de son gouvernement sur son peuple et saisit aussi en ses voisins l’occasion de les joindre à sa rébellion. Il veut et réussira à faire tomber l’ancien régime pour prendre lui-même la tête et ainsi passer d’allié à opposant de Narbrocque. Doux-amer.

Troisième volet du sujet : Un seul adversaire, soi-même

Le jeune Vitenni, lui, est plein d’idéaux. Il croit sincèrement qu’une alliance avec Narbrocque règlerait les problèmes du monde, surtout si ce monde exclut les Bassates, adversaires séculaires. Il travaille à vendre sa Noise chérie, même aux femmes qui occupent le conseil de Narse, même à une souveraine. Il accepte comme il peut la position laxiste des Narsques sur les questions de rôles des sexes ou l’importance des «faibles» dans leur société. Il ne comprend pas tout, mais il essaie, oh il essaie. L’arrogance noise n’est jamais loin et le choc culturel ébranle même ceux qui s’y refusent. Vitenni, qui vieillira comme tout un chacun, portera l’espoir que Rulem lui inspire. Et qui sera sa déconfiture.

À quoi ressemble votre réflexion sur vos antagonistes, les adversaires de vos personnages? Y a-t-il plusieurs niveaux de contraires? Usez-vous de classiques, osez-vous jouer avec les attentes? Un merci très spécial à Feunart pour m’avoir donné l’idée de ce sujet.

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Y’en a qui jouent à la tague

Si seulement il s’agissait d’un jeu d’enfant, mais je ne risque pas de jouer au jeu du loup, ça serait trop facile. Alors voilà. On m’a tagué. Et toute la différence entre un tag et une tague se trouve ici: premièrement, il y a un K. sournois et apparamment que y’a une sorte de tag qui est un prix prestigieux. O.o

Histoire de K.

D’abord, je tiens à dire mon innocence. Je lisais le blog de C. Kean, que je nommerai K. pour l’anonymat (oupsi) et pour la rime, et je trouvais amusant de lire ses réponses à des questions aléatoires sur les aléas de l’écriture. Eh bein merde, elle m’a tagué. 😲 Onze!?!??! Le jeu consiste à répondre à onze questions (jusqu’ici tout va bien, c’qui compte c’est pas la chute…), mais encore faut-il lancer onze questions à onze autres bloggeurs. J’ai tout de suite senti mon incompétence relationnelle, là. Mais, je te remercie Kean de m’inclure dans l’univers des lancements de balle. Je devrais te taguer en retour, tiens. 😏

C’est le temps de shiner

Quel est l’article de ton blog dont tu es le/la plus fier/fière ?
Soit celui sur la nordicité, parce que ce thème était inconscient dans mon écriture jusqu’à très récemment. Soit celui sur Miliac, personnage, qui avait été très révélateur et que j’avais hâte de partager.
Quel livre lis-tu en ce moment ?

 

C’est une question plurielle parce que c’est connu, lorsqu’on manque de temps, il faut lire douze mille choses en même temps. Le poids de la neige de Christian Guay-Poliquin, pour bien rester dans ce thème de nordicité même au printemps quand tout est fondu. Je lis aussi 10 ans d’éternité, anthologie de la revue Brins d’éternité pour laquelle j’ai un intérêt grandissant. Entre les secondes vides, je zieute aussi Pour une enfance heureuse de la pédiatre Catherine Gueguen, parce que mamanitude oblige, et parfois je reprends la lecture en suspens depuis six mois de The Eagle and the Raven de Pauline Gedge, roman historique sur Bouddica. Ne me demandez pas de critique littéraire sur tout ça, je perds le fil assez vite merci.
Quel est ton mot préféré aujourd’hui ?
Nordicité. J’ai dû déjà l’écrire trois fois? J’aime la forme, qui est plus loin du platonique nordique et qui ne fait pas penser à une équipe mourrue de hockey. C’est le professeur linguiste et géographe Louis Edmond-Hamelin qui a pondu ce terme et qui inclu tout ce qui est au nord géographique, ou les «extensions spatiales» telles que la montagne ou l’hiver, selon wiki. Bref, c’est tout prêt de boréal dans mon cœur.
Si l’écriture était un animal, pour toi, lequel serait-elle ?
La banalité des choses fait en sorte que ça serait un chat. Ça ronronne de rien en arrière-plan, ça se couche sur le clavier quand c’est pas le temps parce que t’as autre chose à faire de plus adulte, ça te réveille en pleine nuit avec des idées toutes fraiches sur le bout du nez, ça mordille sans prendre garde et en plus ça demande l’entretien d’une littière merci-pas-le-temps-de-sortir-dehors-c’est-trop-sauvage. À votre discrétion d’interpréter cette dernière métaphore. Moi-même, je suis perplexe. 😐
Avec quelle personne réelle, historique ou fictive, aimerais-tu passer la journée de demain ?

C’est sûr qu’au lieu d’aller travailler… Dans la mesure où je serais pas nulle pour les rapports humains, je pourrais rencontrer Hatchesoup, tiens.

 

Quand as-tu vu l’océan pour la dernière fois ?
Jamais. C’est quand même pas ma faute si on a un fleuve en crise identitaire qui se prend pour la mer. Il est tellement large et long, il avale l’Atlantique jusqu’à la gorge. Alors, techniquement, je n’ai jamais vu l’océan, mais j’ai vu la mer parce que je parle pas de cette chose mouillée sous les ponts de Montréal, ni même Québec, mais bien l’estuaire du Saint-Laurent où l’on perd la rive sud de vue lorsque la pluie s’en vient. Sel et marée, vent et sédiments.
À qui fais-tu lire tes textes en premier ?
De purs étrangers. Les gens loin sont pas gênés, on a droit à la vérité bien en face. Ç’a été un baptême dur à prendre, mais je le préfère à l’indifférence polie de mes proches qui ont pas encore donné de feedback soit dit en passant… Hmmm, je devrais peut-être les rapeller.
Si tu devais résumer un de tes écrits sous forme d’un titre de vidéo youtube putaclic, qu’est-ce que ça donnerait ?
Ça donnerait du bitlit cheap et pas trop sain côté droit de la femme. Ok, à go, on se pète la gueule:
«Mariage forcé, elle tombe amoureuse de son mari.»
«Elle casse la gueule à des armoires à glace!»
«L’amant qui disparaissait tout l’temps.»
«Une forge pour les vaincre tous!»
(Je devrais tellement me recycler dans ce genre🙄)
Si tu devais partir demain, ça serait pour aller où ?
Dans un écogite pour écrire. (Ou plutôt pour tenter de retrouver un niveau de concentration assez efficace pour reprendre l’écriture). Sinon, la Norvège, Scandinavie, Icelande, ce genre d’endroits exotiques. 
Le défaut que tu apprécies le plus chez toi ?
L’acharnement, qui est à l’opposé du lâcher-prise et qui pose problème parce que je suis continuellement en paradoxe. Y tenir mordicus ou apprendre le détachement et être plus serein? Mais l’acharnement c’est bien quand on veut compléter ses projets.
Quelle est la dernière musique que tu as écoutée ?
Mon téléphone-réveil-matin qui jouait Empyrium.
Mon tour!
1. Question qui tue: pourquoi avoir commencer un blog?
2. Marcher ou courir?
3. Combien d’heures arrives-tu à consacrer à ton écriture/création par semaine?
4. Quel thème récurrent se retrouve inévitablement dans tes œuvres?
5. As-tu des personnages que tu ne comprends pas?
6. Parmis ceux qui ne sont pas mort-nés, quel est ton plus vieux projet d’écriture?
7. Tu préfères écrire/créer le matin ou le soir?
8. Envisages-tu d’autres projets artistiques à part l’écriture?
9. Quelle musique te fait tout l’inverse de l’inspiration?
10. Du type hiver, printemps, été ou automne?
11. Le matin, il faut te parler à partir de combien de café/thé/jus matinal qui réveille?
Et je connais que peu de blogueurs, je vais donc sacrifier un agneau à la place avec ces quelques noms qui devront impérativement jouer le jeu. Nola ViruahelyaSoleil Bleu, euh… bah voilà. J’arrête là, sinon je doubletag des gens de la liste de K. Et je suis pas cruelle. Pas tout à fait.
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Un Roussard qui change toute la fin d’une histoire

Dernièrement, j’ai finalement compris Miliac. J’écris les Dissidents depuis 2012 et ce personnage vient tout juste de réellement connecter avec moi. Qu’est-ce qui a fait le pont? Une lecture…

J’ai voulu en faire un voyageur, celui qui cherche l’autre et qui s’en intrigue. Un curieux du genre humain, mais du type de ceux qui prennent contact avec les gens et qui s’en nourrissent. Complètement hors de moi. Je suis introvertie, lui pas. Je n’arrivais juste pas à le cerner. Il me posait des questions alors que c’était à moi de le connaitre. Il m’a semblé longtemps un éternel errant dans mon roman.

Miliac à'Jayen de la Narse
Miliac, un voyageur

J’avais bien capté quelques traits de sa personnalité. Dès sa naissance, il s’est senti de trop, cherchant à aider les autres à trouver leur place dans leur vie, sans savoir comment trouver la sienne. Il est angoissé d’un rien, il change d’humeur au quart de tour, le plus souvent du monde bienveillant envers les autres, même s’il s’emporte et se repose le temps de sourciller. Je le trouvais fade et trop « parfait », ou alors j’étais incapable de voir sa force et son combat dans l’histoire.

Puis une lecture. Euh non.[scratch that last]. Un Ted Talk avant une lecture portant sur la défiance politique. Miliac a tout de suite trépidé en moi, il me pointait du doigt cette conférence en disant : c’est à ça que j’aspire! Tout juste après, dans l’heure, j’achetais le livre de Gene Sharp: From Dictatorship to Democracy: A Conceptual Framework for Liberation. Et tout au long de la lecture, je voyais Miliac prendre des notes. Alors je m’suis dit, moi aussi, tient. Ma copie est maintenant surlignée d’orange fluo avec en souvenir mes heures d’étude du temps où je faisais des recherches à l’université. Que de nostalgie. 😔 Entre les derniers pleurs du jour de mon garçon épuisé et mes courtes soirées devenues trop rares, je sentais mon cerveau entrer en ébulition enfin!

Article complémentaire Prendre rendez-vous avec son personnage

La défiance politique est cette arme fascinante d’une population asservie qui reprend le contrôle — et ce sans violence — d’un système oppressant pour le détruire et instaurer un nouveau régime démocratique. J’ai eu le vertige. Miliac voulait tenter sa chance avec cette technique. Il disait que tout l’apprentissage de sa vie l’y menait. C’est là que je l’ai compris. Et que j’ai aussitôt vu la fin de ma saga complètement se transformer. D’où le vertige. Mais je ne peux revenir en arrière, Miliac et moi on a cette nouvelle connexion qui me mènera loin.

Du petit garçon qui se sentait de trop, voilà que je découvrais l’homme qui allait changer la destination de tout un peuple. Il a trouvé sa place dans l’histoire. Et l’a chamboulé, le vilain.

Pour ceux qui écrivent, vous arrive-t-il de devoir refaire au complet votre plan? Avez-vous eu des personnages durs à cerner, mais qui au final portait une clé essentielle à votre histoire? De quelle façon ça s’est manifesté? Et ceux qui lisent, quelle histoire vous a amené ailleurs sur la compréhension d’un personnage?

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Nordicité et toutes ces sortes de choses exotiques

Étrangement, j’en ai pris conscience seulement récemment. Ma nordicité. Et son omniprésence dans mon écriture. Et depuis, je m’intéresse tendrement à ses vents et ses silences de tombe.

Je n’ai jamais particulièrement aimé l’hiver. Je ne fais pas de sport, ne randonne pas sous les bois en raquettes ou en ski, me cache rarement dans un chalet givré, collée au foyer. Et pourtant, je ne suis pas de ceux qui s’en plaignent pendant six mois non plus. Je prends l’hiver comme il vient. Ses froids, ses chaleurs aussi fortement incongrues, ses impossibilités à marcher le pas franc. Je ne crains pas ses rues mal déneigées, ses trottoirs glacés, le sel qui poussière tout et même plus. Sa noirceur me pèse un peu, mais novembre gris est plus lourd qu’avec un manteau blanc. Je m’encabane et attends la fin, et les dernières neiges me semblent aussi belles que les premières, pour bien d’autres raisons.

vue sur conifères
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J’ai naturellement inscrit cette neige dans mes pages (et quand ça fond, houla…). Elle est une part de mon quotidien, la moitié de ma vie. Elle régule le temps autrement que son antipode estival. Froid, noirceur, silence et blancheur. Il est impossible de ne pas être forgé par l’hiver. La nordicité est mal acceptée dans mon pays. On la nie, on la méprise ou on la fuit. Bornés à suivre un rythme hérité qui ne correspond pas à notre nord. Nous ne sentons pas sa lente pulsation qui suggère, juste comme ça, de prendre plus notre temps.

J’ai lu quelque part, il y a fort fort lointain, que ma nation, sa culture, avait plus de liens avec les pays nordiques — tels que la Russie ou la Norvège — plutôt qu’avec nos pays d’origine comme la France ou l’Angleterre à cause de son climat boréal. Ce territoire qui nous moule à son temps. Je ne suis même pas étonnée.

Article en lien : Les Dissidents, un premier contact

J’ai souvent remarqué une tendance chez les écrivains débutants ou amateurs de placer leur histoire dans un environnement issu de la culture américaine. On comprend l’influence, certes, mais ça me désole toujours. Écrire ce que nous connaissons, c’est aussi écrire sur notre territoire. J’ai réussi à comprendre l’attrait de mon pays lorsque j’ai compris son exotisme… vu par d’autres. Me parler de désert, de vie de montagne, de rizière est pour moi autre chose d’inconnu et d’attrayant. Ma nordicité est donc exotique pour quelqu’un venu d’ailleurs.

baies rouges, noir&blanc
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À présent, je veux la décrire, la tourner sur toutes ses coutures, l’explorer. Je la veux symbole et je la veux ambiance. Je la veux à la fois antagoniste et maternelle, l’épreuve du feu par la froidure et silencieuse autant que ces tempêtes geignent. Je la veux sans la justifier. Elle croît de plus en plus dans mon œuvre des Dissidents et j’embrasse toute son amplitude.

Billet complémentaire Chercher des Noises

Avez-vous de ces thèmes dans vos récits qui sont omniprésents, qui donnent l’ambiance ou qui sont même récurrents dans vos œuvres? Des sous-thèmes qui vous habitent particulièrement? De ceux que vous aviez inconsciemment intégrés sans même vous en rendre compte?

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Prendre rendez-vous avec son personnage

La première idée que j’ai eu envie de suivre sur mon roman était une histoire d’amour, ce qui m’étonne de moi-même puisqu’en général, je n’écrivais pas ce genre d’histoire. J’avais cette question en tête : si, après avoir connu et perdu le grand amour de sa vie, on le rencontre à nouveau, qu’est-ce qui peut arriver? Peut-on le croire, le craindre, le nier ou le vivre pleinement tout simplement? Ce déroulement est tombé sur mon personnage de Merime, femme hermétique — oui plus que moi — qui à un point de l’écriture refusait carrément de me répondre.

Article complémentaire Réécrire, c’est pas chômer

Alors, en toute auteure que je suis, épier son quotidien ou lire le malstrom de ses pensées ne suffisait plus. La piéger l’aurait antagonisée davantage. Il me restait donc la bonne foi: j’ai pris rendez-vous. Je ne pensais pas la rencontrer à toutes ses époques…

J’ai accepté cette rencontre dans un lieu neutre. Pas dans son étude où elle peut diverger vers ses archives, ni chez elle où la besogne l’attend. Pas chez moi. Non, pas chez moi. Le décor contemporain la distrairait trop. Juste penser à la magie d’une ampoule électrique… J’ai donc choisi cette roche-là, lissée par les glaces et chauffée au soleil. Elle aura les pieds dans le sable de son bercail d’adoption.

Les moustiques assoiffés sont raflés par les bourrasques et sur ma gauche, à la limite de ma vision, je vois le feu de sa chevelure. Merime est jeune, comme au début de l’histoire et tellement sur ses gardes. Le dos roide, l’œil alerte à la moindre attaque. Elle sait trop ce que je cherche. « Merime, il va falloir m’en parler bientôt. J’ai une réécriture à faire. » Elle ne bronche pas. L’absence de politesse ne la choque pas, elle préfère, même, ce début sans détour.

Elle inspire sèchement et seul un doigt se tend. « Il fait partie du temps d’avant et n’a rien à voir avec ton histoire. » Son accent roulé aux vocables ronds me fait sourire. Est-ce celui de ma grand-mère ? Il y a si longtemps, je ne sais pas… Son argument est vieux. « Il t’affecte encore et déteint sur toute ta vie.
— Il m’a affectée longtemps, c’est vrai. » Sa voix est soudainement décontractée et son visage usé, des mèches blanches marbrent sa chevelure plus sobre. Elle est plus âgée que moi, peut-être de cinq années, elle glisse sur le temps sans jamais me répondre. La même fuite. « Il a pas d’importance.
— Tu m’as déjà dit ça. C’est tout ce que tu m’dis, toujours. Alors pourquoi lui avoir laisser plus de place qu’il ne devait ? C’est le père de tes deux ainés, tu le vois dans les yeux de Fhélly, toute ta vie, tu le vois. Il n’est pas rien pour avoir fait de toi un mur. » Elle se cabre et la jeune femme renfermée se redessine. Ses traits sont plus tendus que la femme âgée.

Je n’ai pas le doigté de Miliac. Elle n’a surtout pas la même attente envers son auteure qu’envers son dernier mari. Je souris, amusée, puisque je sais exactement son ressenti pour lui. Je la vois déglutir de désapprobation puis regarder la mer fusionner un ciel sur terre. Le temps passe sur elle comme tant de sel. Merime mûrit encore un peu, mais moins que tantôt. Fin trentaine, épuisée, hagarde et je sais ce qui mine son tourment. Je voudrais lui dire que tout passe, tout se replace. Ce moment dans sa vie l’a rend plus ouverte, facile à percer. Je la laisse s’effriter devant moi.

« Il n’avait rien de particulier, tu sais, quand j’y repense. Un gentil garçon, rêveur ambitieux, mais sans fortes vagues. Si facile à oublier… » Un regret se larme au bord de son œil. « Si facile… Trois années à m’accrocher à lui et puis, tout juste quelques mois avec un nouvel homme… il s’effaçait. Je me suis enragée. Contre moâ-même. J’lui avais tant juré l’incroyable force de mon amour. Que valait mon sentiment ? Que valait aussi ce nouvel attachement ? » Merime couve un rire soudain dans sa gorge et puis la brise maritime use sa peau un peu plus, fait givrer ses mèches auburn. Toute sa tignasse de feu se ternit jusqu’à la blancheur.

Je la rencontre en vieillesse. Veuve à nouveau. Les mains tordues par les nœuds du temps. Il demeure dans son regard absent le noir abyssal de ses iris. L’œil ne change jamais. Je sais sa mémoire défaillante, mais elle semble me visiter à un moment lucide. « J’ai jamais su faire confiance à mes ressentis. Oh à présent, je les cueille tous comme ils sont, mais autrefoâs, ça m’faisait biaucoup peur. Parce qu’on n’a pas contrôle, tu voâs ? On fait ce qu’on croit du monde. On est tous ainsi maladroâts. » La vieille dame sourit puis le temps de cligner des paupières, elle s’ébahit devant la mer nouvelle. Une enfant, un tout premier regard naïf sur les flots. Je la vois alors s’égarer dans sa sénilité.

Et elle reprend ses couleurs comme un feu à l’écorce. Ses lèvres se regorgent de chaleur, ses cheveux s’enflamment. L’œil noir, fixé sur moi. Elle a la fin vingtaine. « Je veux pas perdre la capacité de ressentir autant. Je ne veux pas le perdre, lui, celui qui m’a montré que j’étais possible. De chair, de passion, de sang.
— C’que tu vas revivre avec ton nouveau mari, que je lui souligne. Qu’est-ce que tu m’racontes ?
— Mili ? Mili lui, il m’a fait peur. Dès nos débuts, précise la trentenaire. J’ai pressenti la même mutilation de l’âme. Mais surtout, surtout si j’ai eu autant de souffrance pour un homme tout compte fait assez… futile, Miliac m’annonçait bien pire comme écharnage. Alors j’ai mis mon défunt mari entre nous pour jamais oublier. M’accrocher à lui me faisait croire que j’étais vivante.
— J’étais sotte, quelle perte de temps, termine la femme grisonnante. » Merime se lève et marche sur la rive. Les empreintes dans le sable se changent à celles d’une enfant.

Avez-vous déjà donné rendez-vous à un de vos personnages? Est-il seulement venu? Est-ce que certains s’invitent sans même se préoccuper de vos obligations quotidiennes?

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