Lexique

Voici une liste de mots de l’univers de Narbrocque, soit par leur sens spécifique, soit par leur néologisme contextuel. Il est fort possible aussi que certains mots — absents ici — soient découverts dans les oeuvres classiques de références (Google est donc votre ami). Ici, je catalogue mes propres inventions et quelques trouvailles trop rares.

Rituels | Glossaire A-G | Glossaire H-V

Rituels

La Blancheur

Il s’agit d’un rituel de seconde sépulture en la région de Sanglefroy. Lors d’un décès, le corps du défunt est mis en terre de sorte que son corps soit repris par la nature au plus vite. C’est-à-dire, sans souci de conservation. Il est question seulement de garder le corps entier, à l’abri des charognards. Au bout de quelques années, lorsqu’il ne reste normalement que les os, le corps est exhumé par la famille et les proches. On lave alors les ossements dans une solution de chaux afin de nettoyer et blanchir le défunt.

Ce rite permet aux proches de finir le deuil associé à une mort. Il symbolise le détachement final, par sa décarnation, à la vie du défunt sur terre. Avec un grand respect, on reforme le corps en replaçant les os dans l’ordre, puis on le remet en terre, soit, le caveau familial. Pratiquée principalement en Sanglefroy, cette coutume est connue dans tout Narbrocque et est respectée.

Des histoires de fantômes ont pu voguer sur des récits de Blancheur non respectée ou mal accomplie, mais il est d’un accord implicite que ce rituel est plus important pour les vivants que pour les morts. Le défunt retournera à la terre, quoi que l’on fasse. Ce sont les vivants qui ont besoin de confronter la mort par sa disparition charnelle.

La Chébalia

La chébalia est un rituel de régularisation sociale narsque. Le devoir incombe aux jeunes gens de s’assurer du consensus populaire et de manifester cette opinion à la ou aux personnes concernées. Lors d’un écart trop important des agissements de certains individus en rapport à ce qui est acceptable en société, la jeunesse narsque prend la responsabilité de divulguer au grand jour l’acte répressible et souligner le désaccord du reste de la population.

Littéralement, la chébalia veut dire mal de tête. Il s’agit de faire un tapage, nuit et jour, jour et nuit sur plusieurs jours, dans la cour de l’individu visé par cette désapprobation sociale. Les jeunes gens font valloir clairement le pourquoi de leur chébalia, avec l’appui de la population, et demande le rajustement de l’écart aux moeurs acceptables.

Ce phénomène social est organisé. On commence par suivre les rumeurs et l’opinion des gens dans les tavernes, les marchés ou autres lieux publics. On enquête à savoir si les médires sur un individu sont fondés, s’il y a des témoins. La réprimande doit être connue de tous et surtout consentie par tous. Puis, on fête dans le but de déranger, d’afficher le tort fait aux valeurs communes et souligner la limite de la tolérance culturelle.

La jeunesse libre de participer à une chébalia peut être des plus jeunes, avant leur Primetière, aux plus vieux, avant la vie de couple ou la venue d’un premier enfant. L’art de la chébalia est transmis de génération en génération, des plus expérimentés aux jeunots assez vieux pour ne plus nécessité la tutelle constante d’un adulte.

Les Lunes

En parallèle avec le calendrier narsque, le cycle des lunes marque l’année. Cette notion de temps est principalement utile aux femmes, pour qui leur fécondité prend la métaphore naturellement. La réitération des phases de la lune suit approximativement les phases de la femme, soit treize fois par an. Il n’est pas rare d’entendre les femmes parler de leurs phases, leur pleine lune ou le croissant pour préciser le temps de leurs règles.

Bien qu’elles ne soient pas nécessairement synchronisées avec le cycle réel de la lune, l’analogie va de soi. La nouvelle lune devient le début de leur cycle, la pleine lune, une période féconde. Les hommes, pour des raisons évidentes, s’intéressent peu à ce parallèle, sauf si la situation les concerne directement. On compte une grossesse en lunes, soit dix, pour estimer le jour de la naissance. Non pas que l’on croit à une influence lunaire sur le corps de la femme, mais bien parce que des mois de quarante ou dix jours compliquent inutilement la vigilance porté au cycle.

La Dague de la mariée

Vieille tradition de plus en plus désuète, il était de coutume de donner à la nouvelle mariée un couteau. L’origine du geste doit être comprise dans une perspective historique. À Narbrocque, l’union libre des couples est pratique courante. L’engagement est aussi officiel qu’un mariage et est d’avis public lorsque le couple partage une vie commune, fonde une famille. Dans ce contexte, le mariage officialisé par l’État est un pacte entre deux familles, une alliance politique ou économique.

Ce sont surtout les nobles qui pratiquent cette forme d’union et le mariage en est plus souvent un de raison, les deux époux ne se connaissant peu ou pas. Il y avait autrefois beaucoup de pression sur le couple pour solidifier l’alliance et donner, dans la plupart des cas, un héritier. Il n’était pas rare d’entendre des histoires d’abus et même de viol à la nuit de noces. La Dague de la mariée a été introduite par les mères dont leur fils était à marier, donnant ainsi à leur belle-fille un moyen de défense, mais surtout l’assurance que leur fils n’était pas sauvage et rustre, puisque elles l’exposaient à des blessures, voire la mort. Tous les citoyens de Narbrocque savent se battre, par devoir.

Depuis, les Narsques ont instauré la règle d’un an pour atténuer la pression et permettre aux époux de faire meilleure connaissance. Les nouveaux mariés partagent pendant un an une vie commune et au bout de ce délai, il est possible, pour l’un comme pour l’autre, d’annuler. Bien entendu, ce système n’empêche pas le chantage, les manipulations ou toute autre magouille. Plus l’enjeu est grand, plus les moyens de pression peuvent prendre de l’importance. Il est encouragé de dénoncer de tels comportements qui seront perçus de mauvaise foi et pourrait mettre un terme prématuré à l’alliance recherchée.

À présent, la Dague est vue comme une tradition comique, amusante, le vestige d’un autre temps. Elle finit souvent dans le tiroir de la cuisine, parmi les autres couteaux, ou même sur le champ de bataille, dans la gorge de l’ennemi.

La Primetière

Rite de passage des jeunes à l’âge adulte. Pour le jeune homme, la mue de sa voix est un signe évident de sa maturité, pour la jeune femme, ses lunes. On attend vers l’âge de seize ans avant d’initier le jeune adulte parce que l’esprit aussi doit avoir mûri. À l’initié, on présente, sous forme de masques ou autres, les multiples facettes de ce que peut être un partenaire de vie. Il est question d’enseigner les pièges et aussi les embranchements possibles de différents types de relations. On sensibilise la jeune femme à veiller à son cycle et au jeune homme de prendre conscience de sa semence.

Les hommes seulement accueillent le garçon dans sa vie adulte et les femmes font de même pour les filles. À la fin de l’enseignement, on présente au jeune homme ou la jeune femme un dépuceleur, soit un professionnel spécialisé dans l’apprentissage de l’autre. Les familles mieux nanties offrent souvent plusieurs choix. Il n’est pas seulement question de perdre sa virginité, mais surtout d’explorer les différences du sexe opposé dans un contexte contrôlé et respectueux. Un aieuil accompagne la jeune personne tout au long de l’initiation. Conseils, réponses, mises en garde, son devoir consiste à offrir sa sagesse à l’adulte en devenir.

Ce rite est souvent suivi d’un Cautère, selon le désir de l’initié, même si l’adolescent peut déjà avoir commencé cet autre rituel. On demande aux jeunes femmes d’avoir suivi et compris leurs lunes avant l’initiation, mais il peut parfois arrivé qu’un enfant de la Primetière en découle. Les mesures prises sont à la discrétion de la famille, mais surtout de la jeune femme. Il n’est pas non plus improbable que le jeune ait déjà perdu sa virginité, soit aux suites d’abus, soit simplement par curiosité. Le rite sert surtout à l’enseignement de la sexualité et tous ses aspects.

Les Plororesses

Lors de funérailles, les plororesses accompagnent le défunt jusqu’à son dernier repos. Elles se lamentent, pleurent sur sa dépouille, vont parfois même jusqu’à crier le désarroi de cette mort récente. Leur rôle de pleureuses est de permettre à certains endeuillés de sortir de leur stupeur et d’exprimer sans retenue leur deuil. Que ce soit le chagrin, le désespoir ou la colère, même la libération, l’allègement d’une telle perte, la raison n’est pas importante. Pourvu que l’émotion sorte au moment où elle doit sortir, c’est-à-dire lors du décès.

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Glossaire

A-G

Aleresse: accoucheuse, sage-femme.

Amassaire: Trait de personalité aiguillé majoritairement sur l’instinct

Ancien: Descendant du peuple indigène de la Narse. Peuple nomade qui a conservé sa langue et ses coutumes anciennes

Baudrestote: Entremetteuse, marieuse

Caïa: Mère Nature

Cautère: Rituel de scarification pour marquer des événements dans la vie d’un individu.

Chaumia: de chaumière, pièce ou place communautaire dans une agglomération.

Choffre: /kᴐfr/ Bâtiment principal de Narse où siège le gouvernement.

Cogue: Type de bateau concurrentiel à la Nef.

Cordisaure: Trait de personnalité marqué par la plus grande sensibilité aux émotions.

Esnèque: Navire de guerre qui peut transporter des bêtes de combats, utilisé pour la conquête ou pour le commerce.

Esvire: Homme ou femme de main, engagé.e pour son épée et son professionalisme soumis à des règles strictes honnorables.

Extouve: Sauna narsque de chaleur sèche. Petite cabane de bois dans la moitié de laquelle on fait chauffer des pierres et évaporer de l’eau et dans l’autre moitié, on se plonge dans l’eau froide d’un bain. Pratique pour rester propre en hiver. Les grandes cités offrent des extouves publiques.

Férides: Pluie de météores annuels, en hiver. De ferir.

Ferir: Toucher sa cible. Se conjugue comme courir.

Flanc-Volte: Vent dominant du sud dans la cordillère de Sanglefroy.

Froque: n.f. Manteau traditionnel de la région de Sanglefroy.

Glocque: Petit mammifère marin à six pattes.

Grain: Unité monétaire en Narbrocque

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H-V

Higrain: L’higrain est une plante médicinale se trouvant en montagne. Ses feuilles sont consommées en infusion ou mâchées pour contrer le mal des montagnes. Les fruits sont aussi parfois écrémés et appliqués sur des blessures pour accélérer la cicatrisation.

Loppe: Grand animal canin vivant surtout dans la région de Sanglefroy, cousin du loup.

Mathesme: Personne dont le trait de caractère principal est la raison, la logique.

Matrie: Patrie bassate.

Miardi: Vent de la Narse venant de la mer (est).

Nerfé: De nerf. Caractéristique physique d’une personne, d’un animal, dont la petite masse musculaire cache pourtant une grande force.

Oculier: De ocu-, oeil. Personne érudite dont la vocation est l’observation et l’annotation de toutes choses.

Oste: Élite guerrière narsque.

Pic: Jeu de couteau narsque.

Plevine: Fiançailles.

Sakral: Lieux sacrés bassates, sorte de harems où les hommes reproducteurs sont isolés du reste de la population.

Saultbanque: Saltimbanque.

Sied: Siège tissé, porté par deux hommes, pour permettre le déplacement plus aisé du passager dans les rues verticales de Bord-Loppe. Expression : Prendre le sied; prendre la voie facile.

Tergeoir: Serviette.

Tissandier: Tisserand ou personne qui vend des ouvrages fabriqués par des tisserands.

Torsaïl, torsaïeux: Injure, de « tort aux aïeux ».

Touquesain: Tintement d’une cloche qu’on sonne à coups répétés pour donner l’alarme.

Vasse: Injure, de névasse. Pétrin, bourbier, merdier.

 

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