Correspondances de Saulque

Cité de Saulque

Papa,

Je suis dans ta cité natale ce soir. J’ai parlé durant tout le souper de cette nouvelle compagne que je devrai épouser. J’ai tourné autour de l’alliance de Sanglefroy et la Narse, tous les avantages ennuyeux à raconter. Ta famille aime les détails. Ils voulaient même savoir si j’avais des affinités avec ma future épouse. J’ai contourné le sujet comme tu t’en doutes. Ça ne les regarde pas à ce point.

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Mois de boréale, à Narse

Ma sœur,
 

J’ai vu Narse pour la première fois à peut-être une demi-lieue de distance. J’étais sur la petite plaine en bord de mer, là où a eu lieu mes fiançailles, et je n’avais d’yeux d’abord que pour l’énorme plat vertigineux de la mer. Grise comme le ciel d’hiver la surplombant. C’est lors de notre approche vers Narse que celle-ci est apparue dans la grisaille violacée de l’après-midi, juste avant la pénombre du soir. Une cité emmurée, juchée sur une colline douce face à la haute marée.

 

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Mois de mourante, entre Sanglefroy et la Narse

Ma chère sœur,

J’aurais dû attendre le printemps. Non pas que la première rencontre avec l’homme que je vais épouser me perturbe, mais c’est la route qui est de plus en plus mauvaise. Les orignaux arrivent à peine à fendre les lames de neige. Fhélly a dû se résoudre à rester près de sa mère — et surtout sa sœur — dans le traineau. Mon petit garçon fait pitié, tu devrais le voir. Des rafales de neige retombent sur nous et les chaudes fourrures ont peine à nous isoler. Il faut parfois les renverser pour déneiger l’habitacle.

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